(...) La grève de la faim entamée par Pierre Lascoux le 22 novembre dernier a de lourdes conséquences sur sa santé. Cet homme de 62 ans, qui appelle à de meilleures conditions de vie sur les campements de migrants du nord de la France, a été hospitalisé mardi 2 janvier. "Je vais bien" mais l’hospitalisation est nécessaire "pour la reprise suivie de mon alimentation", a-t-il expliqué à l’AFP. Cette reprise a été décidée en raison de la détérioration de son état de santé.
(...) L’une de ses revendications a par ailleurs été satisfaite. Mi-décembre, la Communauté urbaine de Dunkerque a rouvert un point d’eau sur l’un des lieux de vie informel des exilés. Fin octobre, cette même entité avait ordonné la destruction d’une borne incendie à proximité du camp de Loon-Plage, seul et unique accès à l’eau pour les exilés. (...)
Bénévole au sein de l’association Salam, Pierre Lascoux s’est installé à Grande-Synthe en octobre 2021, quelques mois après la fermeture de sa boulangerie bio de Puycelsi, dans le Tarn. Son objectif d’alors : apporter de l’aide aux candidats à l’exil vers l’Angleterre, qui tentent de survivre sur le littoral français. (...)
Objectif "zéro fixation"
Outre un accès à l’eau, "un droit fondamental de base", Pierre Lascoux demandait aux autorités d’"arrêter la politique de harcèlement et de destruction systématique des abris et effets personnels" des exilés, d’ouvrir des locaux pour des mises à l’abri volontaires et d’instaurer un vrai dialogue avec les acteurs de terrain. "Les campements ne devraient pas être démolis en période de trêve hivernale", martelait-il.
Depuis quelques années et le démantèlement de la "jungle" de Calais en 2016, les autorités françaises appliquent la politique dite de "zéro fixation". En clair, aucun campement de migrants n’est toléré. Très régulièrement, les forces de l’ordre sont donc appelées à détruire tente, bâches, et tout ce qui peut servir d’abri aux exilés. La plupart du temps, leurs affaires sont aussi confisquées. Mais sans aucune structure d’accueil officielle dans la zone, ces lieux de vie informels se reforment inlassablement. (...)
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