Alors que les efforts de Luiz Inacio Lula da Silva pour préserver la forêt amazonienne payent au point qu’en 2026, le taux de déforestation soit possiblement le plus bas jamais enregistré, une étude publiée mercredi 6 mai dans la revue Nature alerte sur les conséquences irréversibles du réchauffement planétaire et du déboisement dans la région. Deux tiers de sa surface pourraient ainsi se transformer en terres dégradées ou en savane.
Nous n’avions pas vu pareil scénario sur Terre depuis les époques de l’Éocène et du Miocène. La vaste Amazonie, plus grande forêt du monde à cheval entre le Brésil, la Colombie, le Pérou, le Venezuela, l’Équateur, la Bolivie, le Guyana, le Suriname et la Guyane française, court un grave danger.
Environ 17 à 18 % de sa surface forestière a d’ores et déjà été perdue, ce qui la rapproche du seuil critique. Tel est l’un des nombreux enseignements de l’étude menée par l’Institut de Potsdam pour la recherche sur les impacts climatiques (PIK), publiée ce mercredi 6 mai dans la revue Nature.
Et le pire reste à venir : entre 62 et 77 % de cette superficie pourrait bientôt subir une transformation systémique en forêts dégradées ou en écosystèmes de type cerrado (biome de la savane, principalement au Brésil), sous l’effet d’un réchauffement global compris entre 1,5 et 1,9 °C et un taux de déforestation culminant entre 22 et 28 %. (...)
Le scénario n’est pas encore inéluctable (...)
À condition bien-sûr de contenir le réchauffement planétaire en dessous des 1,5 °C, tel qu’énoncé dans l’accord de Paris de 2015 et d’éradiquer la déforestation. L’étude préconise aussi de restaurer les forêts dégradées, au risque que ce phénomène ne se propage sur l’ensemble de l’écosystème. (...)
Face à ce défi prométhéen, peut être même l’un des plus importants de notre siècle au vu du rôle fondamental que joue la forêt amazonienne pour préserver l’habitabilité de la planète toute entière, le Brésil est en première ligne. (...)
Les élections générales d’octobre s’annoncent décisives (...)
En lice pour un quatrième mandat, l’ancien tourneur-fraiseur est au coude-à-coude dans les sondages avec Flavio Bolsonaro, fils du leader d’extrême droite qui prévoit entre autres de massacrer le code forestier à la tronçonneuse et de s’asseoir sur les terres coutumières des peuples autochtones brésiliens.
crédit image : Midia NINJA, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons