Ce qui était une petite possibilité il y a un mois est désormais une quasi-certitude début avril : la Planète est sur le chemin d’un super El Niño, et celui-ci va peut-être même entrer dans l’Histoire comme un événement d’ampleur inédite.
Le risque de connaître un super El Niño au cours de l’été, avant octobre, est passé de 20 % de probabilité début mars à 75 % de probabilité actuellement ! Ce sont les dernières prévisions du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme, ou ECMWF. Rappelons qu’un super El Niño El Niño avait provoqué des anomalies de températures en 1997. Les couleurs chaudes indiquent une anomalie positive (donc une augmentation de température). On observe bien une augmentation de la température au niveau du Pacifique ouest et le long des côtes américaines. © NOAA, domaine public
se produit tous les 10 à 15 ans en moyenne.
Alors qu’un El Niño classique se caractérise par une température du Pacifique équatorial de +0,8 °C par rapport à la normale, un super El Niño se produit lorsque la température de l’eau de la même zone atteint ou dépasse +2 °C par rapport à la normale. Mais ce que prévoit ECMWF, la référence mondiale en matière Les atomes sont au cœur de la matière. © Ezume Images, Shutterstock
de prévisions météo, dépasse de loin une anomalie de +2 °C : la température de l’eau du Pacifique équatorial pourrait dépasser de 3 °C ou plus la normale. Cela voudrait donc dire qu’il pourrait s’agir du plus intense super El Niño jamais enregistré depuis le début des relevés ! (...)
Il convient donc d’attendre un mois, ou deux maximums, pour être certain de ce que nous réservera vraiment la phase El Niño 2026. (...)
De fortes chaleurs mondiales, y compris en France
Alors que les eaux commencent déjà fortement à se réchauffer le long du Pérou, signe précurseur de l’arrivée d’El Niño d’ici 3 à 5 mois, la perspective d’un super El Niño n’est pas réjouissante pour le climat mondial : le phénomène va s’additionner au réchauffement climatique d’origine humaine et il y a de grandes chances que 2026 batte le record mondial de chaleur détenu par l’année 2024.
Ce super El Niño aura des conséquences majeures sur le cycle de l’eau au cours de l’été par le biais des extrêmes de précipitations (...)
Les vagues de chaleur estivale devraient être largement exacerbées et notamment en France : les prévisions à long terme d’ECMWF pour cet été en France (de juillet à septembre) montrent des températures très au-dessus des moyennes de saison pour l’intégralité de notre pays. (...)
La saison des ouragans dans l’océan atlantique nord devrait par contre être nettement affaiblie, avec moins de phénomènes, et certains moins intenses (ce qui n’exclut pas une catastrophe pour autant). (...)
image : NOAA, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons