La Macronie s’est totalement compromise avec l’extrême droite, mardi 19 décembre, en validant en commission mixte paritaire un projet de loi immigration qui instaure une préférence nationale contre les étrangers. Ce texte de la honte a été adopté avec 349 voix pour et 186 contre lors d’un vote historique, dans la nuit de mardi à mercredi.
(...) Marianne peut se cacher le visage. Les parlementaires macronistes ont trouvé un accord sur la loi immigration avec la droite extrême et l’extrême droite, mardi 19 décembre à l’Assemblée nationale. Et ils l’ont fait en s’alignant complètement sur les revendications du Rassemblement national (RN).
Le résultat de la commission mixte paritaire (CMP) coche toutes les cases d’une France qui trahit ses valeurs et fait de l’étranger un paria. Préférence nationale pour les allocations familiales, restrictions contre le droit du sol, déchéance de nationalité pour les binationaux, facilitation des expulsions… La liste donne le tournis.
En quelques heures, le temps politique a semblé s’accélérer : la Macronie s’est décomposée, la gauche a vu le sol se dérober sous ses pieds, et l’extrême droite a sabré le champagne. (...)
D’abord approuvée par les sénateurs mardi, cette réforme devait ensuite être votée par les députés. À quelques minutes du scrutin à l’Assemblée, la Macronie vacillait. Des dizaines de députés de la majorité présidentielle annoncent voter contre, d’autres s’abstenir. (...)
Mais le groupe Renaissance s’organisait déjà pour mettre en place des sanctions contre les députés récalcitrants, après la CMP. Au final, le texte est adopté avec 349 voix pour et 186 contre. Tous les élus LR et RN ont voté pour. 20 députés Renaissance, 5 Modem et 2 Horizons s’y sont opposés, respectivement 17 Renaissance et 15 Modem se sont abstenus.
En amont, plusieurs ministres auraient également menacé de démissionner devant le contenu du texte, selon le Figaro, dont Aurélien Rousseau (ministre de la Santé), Patrice Vergriete (chargé du Logement) et Sylvie Retailleau (Enseignement supérieur et Recherche). Après le vote, seul Aurélien Rousseau a pour l’heure confirmé sa décision. (...)
« Le monde voit naître une France défigurée par les plus humiliantes discriminations contre l’immigré, celles concernant les besoins essentiels d’un être humain : vivre en famille, se loger, se soigner, étudier en France. Le nouveau Macronisme a pris le train piloté par la droite extrême. Honte à celui qui s’est fait élire pour y faire barrage », a réagi Jean-Luc Mélenchon. (...)
Du reste, plusieurs macronistes portent désormais le discours du RN comme si de rien n’était. (...)
Le gouvernement a en outre accepté le principe d’un débat annuel sur l’immigration au Parlement, à la demande de LR et du RN. Et contribue depuis des mois à ce que le sujet ne soit abordé que sous l’angle sécuritaire, assimilant étrangers, délinquants et terroristes. (...)
Le président de la République, plutôt que de prendre acte que la loi Darmanin n’avait pas de majorité à l’Assemblée, et d’accepter une défaite sur le sujet, a préféré dérouler le tapis rouge aux pires idées, dans le seul but de pouvoir annoncer que le gouvernement a enregistré un succès. (...)