Au moins 25 personnes sont mortes dans la nuit de vendredi à samedi dans l’océan Indien en tentant de rejoindre l’île française de Mayotte depuis l’archipel des Comores. Selon l’un des cinq survivants, le naufrage a été provoqué par des passeurs qui ont coulé l’embarcation, avant de prendre la fuite.
Dans la nuit de vendredi 1er à samedi 2 novembre, une embarcation avec une trentaine de migrants a fait naufrage dans l’océan Indien, entre l’archipel des Comores et l’île française de Mayotte, a indiqué l’Organisation internationale des migrations (OIM) dans un communiqué publié lundi. À bord du canot en route vers le territoire française se trouvaient sept femmes, quatre mineurs dont deux enfants de six et deux ans, et deux nourrissons.
Seules cinq personnes ont été secourues par des pêcheurs samedi matin, et ramenées aux Comores. Au moins 25 autres sont mortes "après que leur bateau a été délibérément coulé par des trafiquants", a précisé l’agence onusienne. (...)
"Nous avons quitté Maraharé, à Anjouan, aux alentours de 19h. Vers 22h, les trafiquants ont fait entrer l’eau dans la coque sciemment en ouvrant le bouchon", a-t-il déclaré à l’AFP par téléphone depuis l’île comorienne d’Anjouan. (...)
"Le moteur de l’embarcation était éteint, les trafiquants ont dit que le moteur était en panne et ils ont refusé d’appeler à l’aide. Le bateau était en train de couler quand il a été retourné par une grosse vague", a ajouté le jeune homme qui veut rester anonyme. Selon lui, "les trafiquants sont partis sur une autre vedette, nous laissant pour morts".
"Par chance, je sais nager, j’ai donc pu me maintenir à flot. Et j’ai pu aider deux autres personnes à s’accrocher à la coque. C’est le lendemain que des pêcheurs nous ont repérés", a poursuivi le jeune homme. "J’aimerais qu’ils soient retrouvés et jugés parce qu’à cause d’eux, beaucoup de personnes sont mortes."
Il ne souhaite en revanche pas porter plainte : "J’ai peur de ce qui pourrait m’arriver si je me présentais à la gendarmerie ou à la police".
Près de 50 morts en trois mois (...)
Selon Fatima Ahamada, la porte-parole du gouvernement comorien, "les autorités sont en train de collecter des informations pour comprendre ce qu’il s’est passé" et "une enquête formelle sera diligentée". Le procureur de Mutsamudu, aux Comores, a indiqué à l’AFP qu’"une enquête est déjà ouverte". (...)