Gabriel Attal a lancé jeudi dans le Pas-de-Calais la campagne de la majorité présidentielle sur le terrain, tandis que la gauche a abouti à un "programme de rupture" commun pour son "Nouveau Front populaire", loin des fractures persistantes à droite.
C’est le fruit d’intenses discussions qui se sont tenues toute la journée. L’alliance de gauche a finalement fait fructifier ses négociations, jeudi 13 juin. Dans la soirée, les dirigeants des différents mouvements se sont satisfaits d’un accord sur un "programme de gouvernement et des candidatures uniques", avec "une déclinaison pour les 100 premiers jours du mandat", après les législatives anticipées des 30 juin et 7 juillet (...)
Le contenu précis de l’accord n’a pas encore été dévoilé, pas plus que l’identité du potentiel Premier ministre qui émanera de cette future coalition en cas de victoire. (...)
Même s’il martèle qu’il est désormais "dans l’action" et non "la sidération", le Premier ministre a tout de même eu du mal à masquer son malaise au moment d’évoquer la manière dont il a appris la dissolution de dimanche, dans l’émission Quotidien. (...) Emmanuel Macron lui a-t-il demandé son avis ? "Non. Il m’a annoncé sa décision." "C’est sa prérogative", a-t-il évacué, tout en assurant qu’il "n’aim(ait) pas trop raconter (ces) échanges".
Tout aussi ébranlée après le camouflet des européennes, la majorité a dévoilé une deuxième vague d’investitures, dont celle du ministre des Affaires étrangères, Stéphane Séjourné, dans les Hauts-de-Seine.
En chef de la majorité, Gabriel Attal s’est également dit "favorable sur le principe" à l’organisation d’un débat télévisé avec Jordan Bardella et Jean-Luc Mélenchon, érigés en principaux rivaux du camp présidentiel.
Mais le leader insoumis n’a pas donné suite : le Front populaire "n’a pas encore désigné son candidat Premier ministre (...) C’est donc aux chefs des grands partis de notre coalition d’aller à ce type de débats", a-t-il fait valoir. La veille, il s’était tout de même estimé "capable" d’endosser ce rôle, sans "s’imposer" ni "s’éliminer".
"Si jamais il y a un consensus sur un nom, je suis prêt à prendre la place qu’on voudra pour transformer la vie des gens", a déclaré ce dernier. La députée socialiste Valérie Rabault a de son côté plaidé pour "une candidature féminine", n’excluant pas la sienne auprès de l’AFP.
En tout cas, cet épineux débat de personnes ne semble pas avoir empêché la gauche d’aboutir, même si le patron du PCF Fabien Roussel avait reconnu dans la journée des "débats un peu tendus".
Éric Ciotti déjeune avec Jordan Bardella
À droite, le feuilleton continue. Exclu de son parti mercredi par un bureau politique dont il conteste la légitimité et donc la validité de la décision, Éric Ciotti s’est rendu jeudi matin sans entrave à son bureau du siège du parti, au milieu d’une forêt de caméras. (...)
Le tribunal judiciaire de Paris examinera vendredi le recours du député des Alpes-Maritimes contre son exclusion des Républicains, a-t-on appris de source judiciaire. Un nouveau bureau politique, initialement envisagé jeudi, est prévu vendredi entre les ténors de LR. (...)