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Marie-Claude Saliceti
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France24/AFP/Reuters
La Birmanie annule toutes les condamnations à mort et gracie l’ancien président
#Birmanie
Article mis en ligne le 19 avril 2026

Une semaine après avoir prêté serment, le nouveau président birman, Min Aung Hlaing, a annulé, vendredi, toutes les condamnations à mort. Il a aussi approuvé une amnistie en faveur de plus de 4 000 prisonniers, dont une pour l’ancien président Win Myint. En revanche la prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi reste en prison, mais voit sa peine légèrement réduite.

(...) Célébré toute la semaine, le Nouvel An birman est traditionnellement l’occasion de larges amnisties et celles de cette année étaient particulièrement attendues dans un contexte de transition à la tête du pays. (...)

Grâce pour l’ancien président

Selon des défenseurs des droits humains, la junte, qui a pris le pouvoir en 2021, a alors relancé les exécutions, après des décennies d’interruption, à destination des dissidents.

Plus de 130 personnes ont été condamnées à mort l’année suivante, d’après l’ONU, mais les chiffres précis sont difficiles à établir dans un pays au système judiciaire opaque, en proie à une guerre civile. (...)

La journaliste et réalisatrice de documentaires Shin Daewe est, elle, sortie de prison, un peu plus de deux ans après avoir été condamnée à la perpétuité - une peine ensuite réduite à 15 ans - pour "complicité de terrorisme". (...)

Selon l’Association d’aide aux prisonniers politiques, plus de 30 000 personnes ont été emprisonnées pour des motifs politiques depuis le coup d’État de 2021.

Ce dernier a plongé la Birmanie dans une guerre civile, des militants pro-démocratie ayant pris les armes contre la junte, aux côtés de mouvements armés issus de minorités ethniques longtemps hostiles au pouvoir central. (...)

La prisonnière politique la plus célèbre du pays, Aung San Suu Kyi, quant à elle, voit sa peine réduite d’un sixième, a déclaré son avocat à Reuters.

L’ancienne prix Nobel de la paix, qui purgeait une peine de 27 ans dans un endroit tenu secret, reste donc condamnée à 22 ans et demi de prison. (...)

Min Aung Hlaing a été installé à la présidence la semaine dernière après des élections législatives dénoncées par de nombreux pays étrangers comme une manoeuvre pour prolonger le régime militaire sous un déguisement civil.

Cette transition s’est accompagnée de reculs sur certaines mesures de répression mises en place par la junte au cours des cinq dernières années.

Des gestes présentés comme des efforts de réconciliation, mais que des observateurs qualifient de mesures cosmétiques destinées à changer l’image du nouveau gouvernement, composé en majorité d’anciens militaires.