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Le gouvernement Meloni envoie-t-il les migrants dans les villes italiennes gérées par la gauche ?
#UE #migrants #immigration #italie #Meloni
Article mis en ligne le 28 juin 2024
dernière modification le 26 juin 2024

Le gouvernement d’extrême droite de Giorgia Meloni oblige les navires d’ONG à se rendre dans des ports du nord de l’Italie pour y débarquer les migrants secourus en mer Méditerranée. La plupart de ces ports sont situés dans des villes ou des régions administrées par la gauche. Une manière pour l’exécutif italien d’utiliser ces débarquements pour pénaliser ses rivaux politiques ?

Officiellement, l’objectif du décret phare de la politique migratoire du gouvernement d’extrême droite de Giorgia Meloni était de réglementer les opérations de sauvetage de migrants menées par des ONG en mer Méditerranée.

Présenté le 2 janvier 2023, le "décret Piantedosi" - du nom de l’actuel ministre italien de l’Intérieur - prévoit l’obligation pour le capitaine du navire de l’ONG de rejoindre sans délai le port assigné au débarquement après la première opération de sauvetage.

Il se trouve que, depuis son entrée en vigueur, les ports les plus souvent assignés sont situés dans le nord de l’Italie. Une donne qui pénalise l’action humanitaire, selon Soazic Dupuy, directrice des opérations de SOS Méditerranée.

"Cela nous rajoute des jours de navigation supplémentaires, et cela impacte énormément nos missions, autant du point de vue logistique qu’économique", déplore-t-elle. "D’après nos calculs, nous avons dépensé 700 000 euros de plus en frais de carburant pour notre navire Ocean Viking depuis la mise en application de ce décret, et à cause de ces transits de plus en plus longs et lointains".

Désormais, pour pouvoir débarquer les migrants secourus en Méditerranée, l’Ocean Viking se voit systématiquement assigner des ports situés à des milliers de kilomètres des lieux de sauvetage. Par rapport à la Sicile, la région la plus méridionale de l’Italie, le trajet vers les ports du nord du pays peut nécessiter jusqu’à six jours de navigation en plus. (...)

"Une gestion démentielle du phénomène migratoire"

En un an et demi, aucun débarquement de migrants n’a été enregistré à Palerme tandis que près de 15 000 personnes ont été débarquées dans des villes comme Carrare, Bari, Livourne, Ortona, ou Ravenne, selon le quotidien italien La Repubblica. Des villes pour la plupart administrées par des élus de gauche (...)

"S’il faut accueillir ces navires on le fait volontiers, car c’est un devoir humanitaire. Je suis clairement en faveur de l’accueil des exilés dans notre pays. Mais nous voyons bien que nous sommes utilisés par ce gouvernement pour dévier les navires des ONG et laisser la Méditerranée sans surveillance. Nous contestons ce choix.’
Un défi logistique

Une douzaine de débarquements ont eu lieu à Ravenne depuis décembre 2022. "À l’arrivée de chaque navire, nous montons à bord pour distribuer des vêtements et repérer les cas qui nécessitent une prise en charge immédiate", confie Claudio Agneli, président de la Croix-Rouge de Ravenne, qui fait partie des organisations qui interviennent sur place lorsqu’il y a des débarquements. (...)

Le gouvernement Meloni ne semble avoir aucune intention de changer sa stratégie des ports lointains. Une stratégie mortifère, selon SOS Humanity. Cette association de sauvetage allemande affirme dans un rapport publié le 19 juin qu’en entravant la surveillance exercée en mer par les ONG, les décrets du gouvernement italien ont contribué à rendre la route migratoire de la Méditerranée plus dangereuse. Le site Missing Migrants Project estime que, depuis 2014, près de 30 000 migrants ont disparu en essayant de traverser la mer Méditerranée pour atteindre l’Europe. (...)