En Malaisie, un phénomène inattendu en matière d’éducation attire l’attention des spécialistes du livre et des politiques publiques : la lecture numérique est en train d’inverser la tendance du temps consacré à la lecture chez les enfants et les adolescents. Alors que des enquêtes antérieures pointaient une baisse ou une stagnation des pratiques de lecture traditionnelle, l’essor des plateformes digitales commence à transformer cet accès — avec des implications potentiellement inspirantes pour le reste du monde.
L’un des signaux d’alarme les plus nets est venu des récents résultats de la Malaisie au Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA), pointe TNPS.
Entre 2018 et 2022, les scores en compréhension de l’écrit ont chuté de façon significative, reculant de 415 à 388 points — une baisse estimée à l’équivalent d’une perte d’apprentissage d’environ 1,4 an, et plaçant le pays bien en dessous de la moyenne de l’OCDE sur ce volet.
Cette tendance pourrait apparaître comme un avertissement sévère. Mais, si l’on regarde de plus près, une dynamique plus encourageante émerge dans les habitudes des jeunes : la lecture numérique — sur écran, ebooks ou plateformes interactives — capte l’attention des élèves plus efficacement que les formats imprimés isolés, en particulier lorsqu’elle s’inscrit dans des environnements sociaux ou éducatifs engageants.
Le numérique, un levier pour revaloriser la lecture
Pour les professionnels de l’édition et de l’éducation, cette évolution n’est pas simplement une statistique isolée, mais un appel à repenser la lecture comme une activité intégrée au quotidien des jeunes. Les étudiants malaisiens qui lisent fréquemment sur des plateformes numériques — qu’il s’agisse d’ebooks, de livres interactifs ou de recommandations partagées via des réseaux dédiés — montrent un engagement plus soutenu que leurs pairs qui lisent occasionnellement ou seulement sur support papier. (...)