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Club de Mediapart/François Thuillier Chercheur
La police a-t-elle jamais été républicaine ?
#policeRepublicaine
Article mis en ligne le 25 janvier 2026
dernière modification le 19 janvier 2026

Pour trouver des traces de police républicaine, il faut plonger le regard dans les brisures et les accidents de l’histoire

La police est-elle condamnée par l’histoire à servir la brutalité des puissants, en ne pouvant compter que sur l’esprit de résistance de quelques-uns en son sein ? La question resurgit ces jours-ci, à la faveur des images troublantes qui nous parviennent des Etats-Unis et de certaines rues parisiennes.

Malgré la promesse qu’elle s’était faite il y a plus de deux siècles, la France continue de vivre sous l’Ancien régime. Une ploutocratie y détient aujourd’hui le pouvoir, et fait l’opinion en imposant son ordre pour la défense de ses propres intérêts. Dans ce cadre contraint, la police est-elle structurellement réduite à un rôle contre-révolutionnaire ? (...)

L’idée d’une police populaire et rétive aux injustices sociales s’enracine dans une tradition héroïque et souvent tragique. Il existe bien, dans l’histoire longue de la France, une lignée de serviteurs de l’ordre républicain, morts pour lui, mais souvent oubliés dès lors que l’histoire de la police est plus souvent écrite du point de vue de l’État central, que de ceux qui ont résisté à ses trahisons. (...)

après l’échec des journées de Juin-1848, de nombreux agents et gardes nationaux républicains sont arrêtés ou exécutés par la république conservatrice de Cavaignac. Ceux qui furent appelés les « gardes républicains rouges » défendaient l’idée d’une République sociale, non bourgeoise et furent des martyrs oubliés, leur cause étant écrasée au nom de « l’ordre », déjà érigée au rang de principe fondamental de l’Etat bourgeois.

La Commune de Paris (1871) constitua également une opportunité pour certains commissaires de quartier et gardes républicains d’exprimer leur soutien à la République. Et le plus souvent d’en mourir. (...)

La période de Vichy verra, quelques dizaines d’années plus tard, de nombreux policiers résistants assassinés par l’État français ou les nazis. C’est ici que l’on trouve les véritables martyrs de la police républicaine : des fonctionnaires de l’intérieur, gendarmes, officiers, gardiens, inspecteurs, commissaires, morts pour la République et assassinés par un État policier collaborationniste. (...)

Ces parcours d’hommes debout irriguent un souvenir, certes tragique, dans lequel les temps futurs aimeront un jour à replonger. Cette mémoire ne manque pas de références tutélaires symboliques. (...)

On retrouvera également, parallèlement à cette histoire héroïque, et jusqu’à aujourd’hui, des ferments de résistance républicaine dans le syndicalisme policier. (...)

au vu de ce qui précède, nous pouvons conclure qu’une police républicaine demeure possible à tout instant. Pour peu qu’une poignée d’hommes justes se fraient un chemin en son sein, et qu’une majorité de Français, retrouvant le sens de leur pays, en décident ainsi.