Le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies a voté vendredi 23 janvier pour prolonger la « Mission d’établissement des faits » sur l’Iran, après la répression du récent mouvement de contestation dans ce pays.
Vingt-cinq membres du Conseil ont voté une résolution pour la prolongation de deux ans et l’élargissement du mandat de la « Mission d’établissement des faits » sur l’Iran, créée en novembre 2022, à la suite de la répression des manifestants qui protestaient contre la mort en détention de la jeune Iranienne Mahsa Amini. Sept membres ont voté contre et 15 se sont abstenus.
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Le pouvoir iranien tente de faire baisser les pressions internationales en affirmant qu’aucune peine de mort n’a, pour l’instant, été prononcée contre les personnes arrêtées ces dernières semaines. Une affirmation qui n’a pas empêché l’ONU d’exprimer son inquiétude, car les « magistrats continuent de les poursuivre pour des faits pour lesquels, selon la loi, la peine de mort est automatique ». (...)
Le procureur général du pays a démenti vendredi 23 janvier les déclarations du président américain Donald Trump, qui avait affirmé que l’Iran avait renoncé, sous la pression des États-Unis, à l’exécution de plus de 800 personnes : « Cette affirmation est totalement fausse. Le chiffre est faux et la justice iranienne n’avait pas pris une telle décision », a déclaré le procureur général iranien Mohammad Movahedi-Azad, selon des propos rapportés par l’agence judiciaire Mizan.
Cette dernière a également rejeté toutes les informations faisant état de peines de mort prononcées ou de pendaisons de personnes arrêtées ces dernières semaines. « L’examen des dossiers des personnes arrêtées vient tout juste de commencer », affirme l’agence, assurant qu’aucune condamnation n’a été prononcée à ce stade.
« Des faits pour lesquels la peine de mort est automatique »
Car plusieurs milliers de personnes ont été arrêtées à travers le pays. Le chef de l’autorité judiciaire iranienne a indiqué que les dossiers des personnes accusées de violences seraient examinés en priorité, des faits passibles de la peine capitale. Si aucun cas d’exécution de manifestants n’a été signalé à ce stade, les organisations de défense des droits humains mettent en garde contre ce risque.
Le Haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme a également exprimé son inquiétude vendredi 23 janvier, redoutant le sort qui sera réservé aux manifestants arrêtés jusque dans les hôpitaux (...)
Le responsable onusien a appelé les autorités iraniennes « à mettre fin à leur répression brutale », demandant la libération immédiate des personnes détenues arbitrairement et un « moratoire complet sur la peine de mort ». (...)
– (France24)
Quelques heures d’accès internet révèlent l’escalade dramatique de la répression en Iran
Un accès limité pendant quelques heures à Internet en Iran a permis, vendredi, la diffusion de dizaines de vidéos révélant l’ampleur de la répression. Des images montrent la violence des forces de sécurité dans de nouvelles villes provinciales ainsi que des corps empilés dans des morgues, transportés par des camions ou laissés à même le sol dans un hôpital. (...)
Les vidéos visionnées et vérifiées par l’équipe des Observateurs de France 24 sont particulièrement éprouvantes.
Si l’accès à Internet s’est légèrement amélioré depuis jeudi soir, permettant l’accès à ces vidéos, il reste extrêmement limité et très parcellaire. "On ne peut pas dire qu’Internet est rétabli", confirme notre journaliste des Observateurs, Ershad Alijani. Seul 2 % du trafic habituel a été restauré, précise l’ONG de surveillance de la cybersécurité NetBlocks. (...)
Des massacres à huis-clos dans des régions reculées (...)
Le nombre de morts recensés par l’ONG Human Rights activists in Iran (Hrana), qui vérifie chaque cas, s’élève désormais à 5 002 morts confirmé, tandis que le nombre de décès faisant encore l’objet d’une enquête a atteint 9 787. Par ailleurs, au moins 7 391 personnes ont été grièvement blessées lors des manifestations, et le nombre total d’arrestations s’élève à 26 852.
Toutes les organisations qui tentent d’établir le décompte des victimes s’accordent à dire que les chiffres publiés à ce stade ne reflètent qu’une partie des décès. (...)