Alors que la Hongrie, farouchement hostile à la politique européenne d’accueil des réfugiés, continue à affirmer qu’il faut "soutenir la gestion des problèmes là où ils surviennent plutôt que de les transférer en Europe", le Premier ministre Viktor Orban a décidé de déployer d’ici mars 2024, un contingent militaire au Tchad pour deux ans, afin d’assister économiquement le pays, freiner l’immigration illégale et de l’aider à lutter contre le terrorisme.
"Avec la coopération des forces armées tchadiennes, notre contingent aura pour mission de contribuer à l’arrêt des migrations, de soutenir les efforts antiterroristes, et de fournir un cadre sûr à la mise en œuvre de notre programme d’assistance humanitaire et économique sur place", a expliqué Kristof Szalay-Bobrovniczky.
La Hongrie va aussi envoyer des médecins, des conseillers économiques et des agronomes. Ce n’est pas sa première mission au Tchad, mais cette fois, Budapest va implanter à Ndjamena un centre permanent d’aide humanitaire et économique. Pour le secrétaire d’État hongrois chargé du programme d’aide à l’étranger Tristan Azbej, le Tchad est le seul pays stable dans la région du Sahel, et il faut éviter qu’il s’effondre.
"Des réfugiés et des migrants affluent au Tchad, alors que c’est l’un des 10 pays les plus pauvres au monde. Donc c’est important que nous aidions ce pays pour qu’il reste stable", explique le chargé du programme. À travers ce programme "Hungary helps" ("la Hongrie vous aide"), lancé en 2019 et qui vise à réduire l’émigration vers l’Europe, la Hongrie est également présente dans d’autres pays africains, notamment le Kenya, le Mozambique et l’Éthiopie.
Car le gouvernement continue à attiser la peur de la migration, à l’approche des élections européennes de 2024 (...)