La Hongrie a pris la présidence tournante de l’UE le 1er juillet pour six mois. Le Premier ministre nationaliste Viktor Orban pratique une politique migratoire ultra restrictive dans son pays, rendant les demandes d’asile quasiment impossible. Proche de Moscou, le leader hongrois inquiète aussi politiquement les États membres.
(...) A Bruxelles, le malaise est évident. La Hongrie et l’UE sont dans un bras de fer permanent sur de nombreuses questions, dont celle de la politique migratoire, qui vaut à Budapest des condamnations de la justice européenne.
Au sein de l’UE, Viktor Orban cultive sa réputation de "provocateur en chef", mais la Hongrie assure que son objectif est de faire de ces six mois de présidence une "période normale et fructueuse", comme le note le site d’information Politico.
"Make Europe Great Again", un slogan de "mauvais goût"
Pourtant Viktor Orban collectionne les dossiers qui fâchent à Bruxelles : liberté d’expression menacée en Hongrie, stigmatisation des personnes LGBTQ+, droit d’asile - presque - inexistant, droits de l’Homme bafoués, manque d’indépendance de la justice... De plus, le dirigeant hongrois est un proche de Vladimir Poutine. Orban freine donc des quatre fers lorsque l’UE veut soutenir l’Ukraine ou sanctionner la Russie.
Il est aussi un admirateur de Donald Trump. C’est ainsi que la Hongrie a choisi le slogan "Make Europe Great Again" pour sa présidence, copiant le slogan de campagne de l’ex-président américain, qui pourrait revenir au pouvoir aux Etats-Unis à la faveur de la prochaine élection présidentielle en novembre. (...)
L’eurodéputé allemand Daniel Freund, du parti des Verts, estime que "l’utilisation du slogan de Trump pour cette présidence du Conseil est absolument de mauvais goût [...]. Cette phrase montre où Orban veut mener l’UE : vers des conditions autocratiques. Le fait qu’il soit autorisé, en tant que chef d’Etat autocratique, à occuper ce poste de premier plan au sein de l’UE est inacceptable".