Bandeau
Marie-Claude Saliceti
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
café tech.
L’Europe remet en cause le modèle de l’Uber-économie
#uber #UE
Article mis en ligne le 17 décembre 2023
dernière modification le 16 décembre 2023

La menace pesait depuis deux ans sur Uber, Deliveroo et toutes les autres sociétés dont le modèle repose sur le recours à des travailleurs indépendants. Elle s’est concrétisée mercredi (13 décembre) à Bruxelles. Au terme de négociations tripartites, l’Union européenne a en effet trouvé un accord pour réglementer les conditions de travail dans le secteur.

La mesure phare du texte, dont tous les détails n’ont pas encore été rendus publics, prévoit d’accorder le statut de salarié aux chauffeurs et aux livreurs, leur garantissant ainsi de bénéficier d’un salaire minimum, de congés payés et d’une protection sociale. Jusqu’à 5,5 millions de personnes, sur un total de 28 millions, pourraient être concernées par ces nouvelles règles, selon les estimations de la Commission. Le coût pour l’Uber-économie pourrait atteindre 4,5 milliards d’euros par an.

Niveau de rémunération – La directive doit encore être définitivement adoptée par le Conseil et le Parlement. Les pays membres de l’Union européenne auront ensuite deux ans pour la transposer dans leur droit national. Le texte prévoit que les travailleurs seront “présumés” employés si deux critères sur cinq sont remplis. Par exemple, si la plateforme fixe le niveau de leur rémunération, supervise leur travail ou ne leur permet pas de choisir leurs horaires. Dans ce cas de figure, ils bénéficieront de tous les avantages prévus par la législation du pays. Les Vingt-Sept souhaitent aussi protéger les chauffeurs et les livreurs contre l’utilisation abusive de certaines données personnelles et d’algorithmes, notamment pour décider d’une fermeture de leur compte. Une supervision humaine sera désormais obligatoire. (...)

Lire aussi :

 Bruxelles remet en cause le modèle de l’Uber-économie (9 décembre 2021)

(...)

Modèle économique – Le recours aux travailleurs indépendants a été popularisé par Uber. Ce modèle a depuis été répliqué sur de nombreux secteurs d’activité. Cette économie des petits boulots repose sur la rémunération à la tâche des chauffeurs, livreurs, promeneurs de chiens ou aides ménagères, sans aucune garantie de revenus ni d’avantages sociaux. Toutes ces entreprises assurent que leur modèle économique ne peut pas fonctionner autrement (...)

La France pas convaincue – La Commission européenne propose de fixer cinq critères pour déterminer si une plateforme doit accorder le statut de salarié à ses travailleurs. Elle souhaite également protéger ces derniers contre d’éventuelles fermetures abusives de leur compte, en leur permettant de les contester et de réclamer des indemnités. Tous ces éléments doivent encore être négociés par le Parlement européen et, surtout, par les gouvernements des Vingt-Sept. Plusieurs pays, comme l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie, sont favorables à ces changements. Mais la France, qui occupera à partir de janvier la présidence de l’Union européenne, a déjà exprimé ses réserves.

Statut hybride – Les prochains mois s’annoncent donc cruciaux pour l’Uber-économie, déjà lancée dans un intense lobbying. (...)