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l’économiste Dominique Plihon (Attac, Atterrés) désigne le pouvoir d’obstruction des élites financières et politiques contre les indispensables réformes du système bancaire, singulièrement en France…
Article mis en ligne le 7 mai 2014

(...) On doit sortir de la vision trop simpliste selon laquelle les autorités européennes sont le chantre du laisser-faire dans le domaine bancaire et financier. Au contraire, au moins depuis la crise de 2008-2009, la volonté d’avancer de la Commission a été assez nette.

Dès le début 2009, le rapport de Jacques de La rosière commandé par José Manuel Barroso exprime une prise de conscience assez forte que la crise est due, en partie, au fait que la régulation est très insuffisante.

Le nombre de réformes initiées au niveau européen est important. Michel Barnier, le commissaire en charge de ce domaine est une personnalité de droite qui appartient à la tradition gaulliste, partisan d’une régulation financière forte. Une position minoritaire, y compris dans son propre camp. Même si les projets mis sur la table par Michel Barnier ne vont pas assez loin, ils traduisent une véritable volonté de réforme qui se heurte à l’opposition des élites bancaires financières et politiques dans les principaux pays de l’Union européenne, et singulièrement des autorités françaises depuis le ministre Pierre Moscovici jusqu’au gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer. Et ce sur des questions aussi essentielles que la séparation des banques ou la taxation des transactions financières. (...)

Le projet de taxation des transactions financières de la Commission prend la forme d’une coopération renforcée entre onze pays volontaires de l’Union. C’est un point de départ très intéressant que soutiennent Attac, le CCFD, Oxfam et d’autres organisations. L’assiette est large. Certes, elle ne comprend pas les opérations de change. Mais elle comprend les opérations sur produits dérivés. Les taux de taxation sont significatifs. Le projet applique le principe du pays d’origine qui permet d’éviter les délocalisations des opérations vers des pays comme le Royaume-Uni, qui ne veut pas l’appliquer. Or, la proposition de la Commission se heurte non seulement à l’opposition des financiers, mais aussi à celle du gouvernement français et du gouverneur de la Banque de France. (...)