Alors que la justice internationale s’apprête à clore une étape clé d’un procès très suivi, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées, mardi 17 février, dans la capitale kosovare pour défendre des figures centrales de la lutte indépendantiste, au nom de la mémoire du conflit et de l’histoire du pays.
Des milliers de personnes ont manifesté mardi à Pristina, au Kosovo, pour soutenir les anciens dirigeants de l’Armée de libération du Kosovo (UCK), actuellement jugés par un tribunal spécial siégeant à La Haye, aux Pays-Bas. Ce rassemblement intervient au moment où le procureur a requis de lourdes peines à l’encontre de ces figures historiques de la guérilla indépendantiste.
Les anciens responsables de l’UCK sont poursuivis pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, notamment pour des meurtres et des enlèvements visant des centaines d’opposants albanais, ainsi que des civils serbes et roms.
Sur la place centrale de Pristina, le slogan « Libérez les libérateurs » a été scandé par la foule. (...)
Une accusation « injuste », selon les manifestants
Les réquisitions, pouvant aller jusqu’à 45 ans de prison contre les anciens responsables de l’UCK, suscitent une vive indignation parmi les participants. (...)
« C’est vraiment injuste. Car nous, on sait que la Serbie a commis un génocide au Kosovo. Ce sont les responsables serbes qu’il faut condamner à ces peines ou à des peines plus lourdes. Je vois qu’il n’y a plus de justice. »
Pour d’autres manifestants, au-delà du sort des accusés, c’est la légitimité même de la lutte pour l’indépendance du Kosovo qui est en jeu. (...)
Les accusés doivent prendre la parole une dernière fois ce mercredi 18 février 2026. Le tribunal disposera ensuite d’un délai de trois mois pour rendre son jugement.
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– Kosovo : 45 ans de prison requis contre l’ancien président Hashim Thaçi et trois ex-chefs de l’UCK
Jugés depuis 2023 devant ce tribunal créé par l’Union européenne et le Kosovo, les anciens membres de l’état-major de l’Armée de libération du Kosovo (UCK) doivent répondre de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre commis il y a près de 30 ans, durant le conflit qui opposait les séparatistes kosovars au pouvoir de Belgrade et qui a fait plus de 13 000 morts.
L’accusation a requis 45 ans de prison pour des meurtres, des tortures, des actes inhumains et des détentions illégales, perpétrés principalement contre des civils kosovars albanais, accusés d’espionnage ou de collusion avec l’ennemi serbe. Les quatre accusés, dont l’ancien président du Kosovo, Hashim Thaçi, étaient poursuivis en tant que supérieurs hiérarchiques. Ils occupaient des postes de commandement au sein de l’UCK au moment des faits.
« Ni l’UCK ni la cause indépendantiste ne sont jugées »
La procureure Kim West a tenu à préciser que ce procès ne visait ni la cause indépendantiste ni l’organisation dans son ensemble, mais bien la responsabilité pénale individuelle des accusés. (...)