À Hong Kong, les procès s’enchaînent et accusent de « subversion » ceux et celles qui se sont engagés pour les libertés démocratiques. Le jeudi 22 janvier s’est ouvert le procès de trois militants, ex-dirigeants de l’Alliance de Hong Kong, qui organisaient dans le territoire semi-autonome chinois une veillée annuelle pour commémorer l’écrasement en juin 1989 des manifestations de la place Tiananmen de Pékin. Ils risquent jusqu’à dix ans de prison.
Ce sont trois personnalités majeures du mouvement pro-démocratie – membres de l’Alliance de Hong Kong, désormais dissoute – qui se trouvent devant les juges.
Lee Cheuk-yan, un syndicaliste et longtemps député du mini-parlement hong-kongais, a fondé cette organisation en 1989. Chaque année, le 4 juin, l’Alliance organisait des veillées aux chandelles pour commémorer les victimes du massacre de Tiananmen avec des dizaines de milliers de participants. Albert Ho, un avocat, également ex-élu et cofondateur du Parti démocrate, comparaît aussi ce jeudi 22 janvier. Il a été jugé et emprisonné à plusieurs reprises déjà pour son rôle dans les veillées et les grandes manifestations de 2019.
Après l’arrestation de ces deux militants de la première heure, c’est Chow Hang-tung, une avocate des droits humains, qui avait repris le flambeau et fait vivre l’Alliance de Hong Kong jusqu’à sa dissolution. Tous les trois sont accusés d’« incitation à la subversion » pour avoir appelé à « mettre fin au régime de parti unique ». Le procès, qui devrait durer quelque 75 jours, se déroulera sans jury.
Répression des militants pro-démocratie
Des dizaines de Hong-Kongais attendaient le trio ce jeudi matin devant le tribunal, exprimant ainsi leur solidarité en silence. Lee Cheuk-yan et Chow Hang-tun ont plaidé non coupable. Albert Ho a plaidé coupable et pourrait ainsi profiter d’une peine allégée.
L’Alliance de Hong Kong a été fondée en mai 1989 pour soutenir les étudiants qui organisaient alors des rassemblements en faveur de la démocratie et contre la corruption à Pékin. Le mois suivant, le gouvernement a envoyé des chars et des soldats pour écraser le mouvement de contestation du pouvoir sur la place Tiananmen. Cette répression sanglante est à présent strictement censurée par les autorités. (...)
Le procès de Tiananmen suit la condamnation le mois dernier du magnat des médias pro-démocratie Jimmy Lai. Il a été reconnu coupable de complot en vue de collusion avec des forces étrangères, mais sa peine n’a pas encore été déterminée.