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France 3
"J’ai l’impression de respirer enfin" : menacée d’expulsion, elle obtient son titre de séjour grâce à la mobilisation de son lycée
#Guinee #MNA #migrants #immigration #OQTF #France #solidarités
Article mis en ligne le 17 février 2026
dernière modification le 14 février 2026

Menacée d’expulsion après avoir fui l’enfer en Guinée, Makanfing, 24 ans, a bien cru voir ses rêves s’effondrer à quelques mois du baccalauréat. Mais c’était sans compter sur la mobilisation exceptionnelle du lycée du Noordover à Grande-Synthe. Entre pétitions et solidarité sans faille, les professeurs et élèves ont réussi l’impossible : obtenir son droit de rester. Témoignage.

(...) Après avoir traversé le Mali, l’Algérie, la Méditerrannée et l’Italie, elle arrive en France marquée par la violence de l’exil. En France, elle surmonte plusieurs mois l’épreuve de la rue avant de demander l’asile et d’être prise en charge. (...)

"Je n’avais pas la force de continuer"

C’est à 5 000 kilomètres de Conakry que Makanfing a trouvé la stabilité nécessaire pour commencer sa reconstruction, au lycée du Noordover de Grande-Synthe. Elle y a fait sa rentrée en 2024 en classe de première dans l’espoir d’obtenir son baccalauréat, rapidement elle s’investit dans les associations, obtient des résultats exemplaires et brille lors de l’épreuve anticipée du bac de français.

Juste avant les fêtes de fin d’année, cette stabilité à peine retrouvée s’écroule lorsque l’élève aujourd’hui en terminale apprend que sa demande d’asile a été rejetée. "Je n’étais vraiment pas prête pour cette nouvelle", explique-t-elle, "j’étais déboussolée, je n’avais aucune autre solution."

Parce que ce refus est synonyme d’expulsion pour la lycéenne, elle risquait de retourner en Guinée, elle confie alors avoir "lâché prise". "Pendant deux semaines je ne suis pas venue en cours. J’attendais qu’ils viennent me chercher pour me mettre dehors. Je n’avais pas la force de continuer".

Mais c’était sans compter sur la mobilisation de ses camarades et de ses professeurs. "On a commencé à nouer des contacts avec la mairie, la LDH, puis la communauté est entrée dans la danse, les élèves, le monde asso et les politiques. Mais aussi le DASEN du rectorat de Lille. Tous ont été très sensibles à son histoire", relate Yannick Fourny, CPE du lycée du Noordover. Une pétition est donc lancée dans la foulée et comptabilise rapidement plus de 2000 signatures. "En 4 jours, la situation s’est réglée", peine-t-il encore à croire.

Le mercredi 4 février 2026 Makanfing a donc appris la bonne nouvelle, sa demande d’asile a finalement été acceptée. Après deux années de procédures, "j’ai senti un immense soulagement, tellement grand que j’ai poussé un cri qu’on pouvait entendre de l’extérieur. J’avais l’impression de respirer enfin". Son premier réflexe a été de retourner au lycée pour annoncer la bonne nouvelle.
Une nouvelle famille à Grande-Synthe

À Grande Synthe, elle raconte s’être recréée une famille où personne ne la réduit à sa situation administrative. Jamais ses camarades n’ont évoqué avec elle son passé, "ils ont compris que ce n’est pas de ça dont j’avais besoin, mais de leur soutien. Ils n’ont jamais eu pitié de moi".

La mobilisation initialement prévue le 12 février pour médiatiser sa situation s’est finalement transformée en célébration. (...)