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Marie-Claude Saliceti
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Itinérance au Québec. Un nouveau sommet est atteint
#Quebec #precarite #SDF
Article mis en ligne le 17 avril 2026
dernière modification le 11 avril 2026

Ils sont dorénavant plus de 12 000 à vivre dans les rues de la province, et 30 % plus nombreux en région. C’est un nouveau triste sommet pour l’itinérance au Québec révélé par le plus récent dénombrement du gouvernement, dont les résultats ont été publiés jeudi.

Les personnes en situation d’itinérance rencontrées par La Presse jeudi à Montréal étaient peu étonnées par ce constat. Audrey Marchand, elle, cherchait un lieu où passer la nuit, après avoir attendu toute la journée qu’une place se libère au CAP Saint-Barnabé. « Mais c’est bondé. Je vais devoir aller voir ailleurs », a-t-elle laissé tomber.

Autrefois associée aux grandes villes, l’itinérance prend aujourd’hui de l’ampleur dans plusieurs régions du Québec, selon le gouvernement, dans un communiqué. (...)

Montréal demeure la région la plus touchée avec une proportion de 230 sans-abri par 100 000 habitants, en hausse de 6,7 % depuis 2022. Or, cette augmentation est beaucoup plus importante dans les autres régions du Québec où elle se chiffre à 30 % en moyenne. (...)

Manque de ressources

Selon Audrey Marchand, le manque de ressources est notamment à blâmer pour l’augmentation de l’itinérance. « Quand on est en mode itinérance, on al’impression qu’il n’y a pas de solutions, parce qu’on est en détresse », affirme-t-elle. (...)

Les chiffres présentés jeudi ne s’attardent qu’au phénomène de « l’itinérance visible », c’est-à-dire qu’ils ont été recueillis auprès dans les ressources pour personnes itinérantes (80 % des personnes recensées), les hôpitaux, les prisons et les lieux extérieurs tels les campements (16 % des personnes recensées).

Ils excluent donc l’itinérance dite « cachée », soit les personnes qui dorment chez un proche, dans un hôtel ou une maison de chambres. (...)

Ces données sont « alarmantes », mais qu’elles ne sont « que la pointe de l’iceberg », s’inquiète la directrice du Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM), Annie Savage.

Sur le terrain, on le voit chaque jour, l’iceberg au complet. On voit toutes ces personnes qui passent inaperçues, celles qui basculent en itinérance et celles qui sont à un cheveu d’y retourner à tout moment. (...)

Plus de deux itinérants sur dix indiquaient alors que l’expulsion de leur logement a mené à leur itinérance, ce qui en fait le principal point de bascule vers la rue en 2022. (...)