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Greenpeace
Greenpeace condamne le chantage nucléaire pratiqué par la Russie à la centrale de Zaporizhzhia
#guerreenUkraine #Zaporizhzhia #centralesnucleaires
Article mis en ligne le 12 mars 2024
dernière modification le 10 mars 2024

Greenpeace alerte sur le « projet » de l’entreprise nucléaire étatique russe Rosatom de redémarrer les réacteurs de la centrale Zaporizhzhia, en Ukraine, qui constitue une escalade dans la menace nucléaire agitée par la Russie [1]. La Russie exposerait l’Ukraine, ses voisins européens et sa propre population à un risque majeur d’accident nucléaire. Le 6 février dernier, Greenpeace avait enjoint à l’AIEA d’empêcher Rosatom de redémarrer les réacteurs de Zaporizhzhia compte tenu des risques sans précédent en matière de sûreté nucléaire [2].

Malgré cet avertissement, le directeur général de l’AIEA Rafael Mariano Grossi a déclaré,lors de sa visite à Sotchi le 6 mars où il a rencontré le président Poutine et le directeur de Rosatom Alexeï Likhachev, qu’une « série d’évaluations de la sûreté” serait nécessaire à la remise en service de la centrale [3].

« Il n’existe aucune réglementation nucléaire dans le monde qui permette à une centrale nucléaire de fonctionner sur la ligne de front d’une zone de guerre. Si l’AIEA veut vraiment jouer son rôle de régulateur, elle doit refuser de superviser cette bombe nucléaire russe à retardement, et déclarer clairement qu’une exploitation sûre de la centrale est impossible », a déclaré Shaun Burnie, expert du nucléaire pour Greenpeace à Kiev. (...)

toute tentative de redémarrage des réacteurs serait confrontée à des défis sans précédent : la détérioration des réacteurs après deux ans d’arrêt avec une maintenance quasi nulle, un sous-effectif de personnel ukrainien qualifié et, surtout, la nécessité de sécuriser l’approvisionnement de centaines de milliers de tonnes d’eau par heure pour assurer le refroidissement de chaque réacteur en fonctionnement [5]. En juin 2023, les forces armées russes avaient détruit la principale source d’eau de la centrale nucléaire, le réservoir de Kakhovka, en le dynamitant de l’intérieur. De plus, tout nouveau système d’alimentation en eau resterait extrêmement vulnérable aux défaillances [6].

Or, toute perte de l’alimentation électrique et de la fonction de refroidissement de l’eau risquerait d’entraîner la fusion du réacteur en l’espace de quelques heures. Depuis deux ans et le début de l’invasion russe, la centrale nucléaire de Zaporizhzhia a perdu à huit reprises toute alimentation électrique hors site (...)

L’instrumentalisation d’une centrale nucléaire civile à des fins militaires démontre une nouvelle fois la dangerosité de l’énergie nucléaire, extrêmement vulnérable à la situation géopolitique mondiale », déclare Pauline Boyer, chargée de campagne Nucléaire pour Greenpeace France.