Dans un nouveau rapport publié mardi, Amnesty international dénonce "les arrestations arbitraires et illégales" des migrants, enfermés à leur arrivée dans une structure du centre fermé de Samos. L’ONG exhorte l’Union européenne à ne pas prendre ce camp en modèle pour la construction d’autres centres - prévus dans le cadre du Pacte migratoire récemment adopté.
Amnesty international publie, mardi 30 juillet, un nouveau rapport au vitriol sur les conditions de vie des migrants dans le centre fermé de l’île de Samos (CCAC pour "centre fermé à accès contrôlé"), en Grèce. Dans ce document, qui s’intitule "Samos : ‘Nous nous sentons en prison sur l’île’", l’ONG s’insurge notamment de la manière dont les demandeurs d’asile sont pris en charge à leur arrivée dans le camp. (...)
"Sous prétexte d’enregistrer et d’identifier les personnes, les autorités grecques détiennent de facto tous les résidents à leur arrivée, y compris les personnes en situation de vulnérabilité, en violation de leurs droits", rapporte Amnesty international, qui a effectué une visite à Samos en décembre 2023. "Les autorités soumettent systématiquement les demandeurs d’asile à une détention illégale et arbitraire", insiste l’organisation. (...)
Lorsqu’ils ont traversé la mer Égée et atteint l’île de Samos, les exilés sont transférés par les autorités dans le centre pour migrants de l’île. Là, ils sont enfermés dans une partie de la structure - en attendant leur identification - pour une durée maximum de 25 jours, où ils sont "soumis à des ordres de ‘restriction de liberté’". Ils ne peuvent pas sortir du camp, sauf pour des "raisons graves".
"Ces restrictions sont systématiquement appliquées sans évaluation individuelle. (...)
Surpopulation (...)
Une situation qui exacerbe les problèmes déjà existants, comme l’absence de médecin permanent ou l’accès à l’eau (...)
Le centre de Samos érigé en modèle
Ce centre de Samos a pourtant été érigé en modèle lors de son ouverture en septembre 2021. Présenté comme ultra-moderne, en comparaison aux hotspots des îles de la mer Égée, il est présenté par l’Union européenne (UE) comme un exemple à suivre dans d’autres États membres - la Commission a investi 43 millions d’euros pour bâtir ce camp. (...)
Mais dès sa création, les humanitaires avaient fait part de leurs critiques. Des propos réitérés dans le rapport d’Amnesty international. "L’UE avait promis que ces centres seraient conformes aux ‘normes européennes’. Au lieu de cela, nous avons découvert un cauchemar dystopique [...] créant un environnement ‘carcéral’", déplore l’ONG. (...)
"La Grèce est depuis longtemps un terrain d’essai pour des politiques migratoires de l’UE fondées sur l’exclusion (...). Les conclusions relatives à Samos montrent que ce modèle est punitif, coûteux et favorise les abus", dénonce Deprose Muchena, directeur général de l’Impact régional sur les droits humains à Amnesty International, cité dans le communiqué. (...)
L’UE a adopté à la mi-mai une vaste réforme qui durcit le contrôle de l’immigration dont l’entrée en application est prévue mi-2026. Le texte prévoit notamment la construction de centres fermés aux frontières extérieures de l’UE. (...)
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