L’ONG Amnesty International dénonce une répression "sans précédent" en Iran, où les forces de sécurité ont tiré sur des manifestants avec des armes militaires et semi-automatiques. Elle s’appuie sur des images et des témoignages. Des milliers de morts et de blessés sont recensés.
"Nous avons des témoignages et des vidéos vérifiées montrant que ces forces tirent à la fois depuis la rue et depuis des positions surélevées : toits de mosquées, immeubles résidentiels, postes de police", précise Amnesty.
Des snipers ont également ciblé les manifestants, utilisant des pointeurs laser verts, signalés par des témoins. (...)
"Les forces de sécurité ont tiré de façon continue sur de grandes foules pour créer un climat de terreur et disperser les manifestants. Cela va au-delà du ciblage individuel et constitue une répression massive et coordonnée".
Un constat corroboré par des médecins travaillants dans des hôpitaux à Téhéran et contactés par France 24. L’un d’entre eux explique que certains de ses patients ont été touchés dans le dos et sur le côté, au moment où ils fuyaient.
Des professionnels de santé ont aussi signalé que les hôpitaux étaient débordés par l’arrivée de nombreux manifestants et passants présentant de graves blessures par balles à la tête et au torse. (...)
Des tirs nourris de mitrailleuses sur une foule (...)
Des rapports médicaux indiquent que des centaines de personnes ont été aveuglées rien qu’à Téhéran, dit Amnesty. (...)
Dans les jours suivants les soulèvements, l’ONG rapporte des cas d’arrestation où des personnes ont été dénudées de force par des agents qui ont examiné leur corps, y compris devant le reste de leur famille. (...)
Les blessures provoquées par des billes métalliques servent donc à marquer les manifestants, afin de pouvoir les identifier ultérieurement, selon Amnesty. (...)
Des patrouilles exhibant leurs armes de guerre (...)
"Si les autorités iraniennes ne subissent aucune conséquence pour ces homicides illégaux, nous pourrions assister à des tueries de masse similaires à l’avenir", prévient Amnesty, qui se dit "extrêmement préoccupée par le risque de nouvelles tueries et d’effusions de sang lors des prochaines vagues de manifestations".
"Une nouvelle vague de protestations en Iran n’est pas une question de ’si’, mais de ’quand’, car les griefs profonds et persistants de la population restent sans réponse", estime l’ONG.
Amnesty appelle la communauté internationale à "demander des comptes aux autorités iraniennes et à mettre en place un mécanisme international de justice". L’ONG exhorte également les parquets indépendants à travers le monde à invoquer le principe de compétence universelle afin d’ouvrir des enquêtes pénales nationales contre les responsables de crimes relevant du droit international.