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Marie-Claude Saliceti
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RFI
France : la difficile régularisation des travailleurs sans-papiers dans la restauration
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Article mis en ligne le 23 avril 2026

D’après une étude de France Travail publiée cette semaine, l’hôtellerie et la restauration restent en tête des secteurs qui ont des besoins importants de main-d’œuvre. Près de 250 000 postes d’employés polyvalents, de serveurs ou de cuisiniers sont recherchés en 2026. Si les travailleurs étrangers sont surreprésentés dans ces professions, il leur est interdit d’y travailler s’ils sont en situation irrégulière. Mais la circulaire Retailleau, qui s’applique depuis plus d’un an maintenant, a rendu leur régularisation encore plus compliquée.

Aides de cuisine, employés polyvalents, serveurs, cuisiniers... Les entreprises de l’hôtellerie et de la restauration prévoient d’embaucher plus de 200 000 personnes en 2026 pour faire tourner leurs établissements, d’après des estimations de France Travail publiées mardi 21 avril. Des chiffres qui frustrent les organisations patronales du milieu qui aimeraient pouvoir embaucher plus facilement des travailleurs étrangers.

Depuis janvier 2025, la circulaire Retailleau, du nom de l’ancien ministre de l’Intérieur, complique drastiquement leur régularisation, nécessaire pour avoir un contrat de travail légal. Il faut désormais 7 ans de résidence sur le territoire et un diplôme de français pour pouvoir obtenir des papiers. « Ces conditions sont très difficiles à remplir », explique Laurent Barthélémy, responsable de la branche « saisonniers » de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH).

« Les compétences en langue française demandées nous posent beaucoup de problèmes. Notre système de formation ne nous permet pas de les mettre à niveau. Il faudrait entre 400 et 800 heures de formation pour y parvenir, c’est impossible aujourd’hui. » (...)

« Ils perdent leur travail et se retrouvent en situation irrégulière »

Conséquences : des patrons contraints de mettre fin aux contrats de travail des salariés qui n’ont pas pu obtenir leurs papiers, des employés qui se retrouvent sous obligation de quitter le territoire français, et dans une précarité encore plus grande. (...)

La liste des métiers « en tension » devait pourtant répondre à ces problématiques : permettre aux personnes sans-papiers d’être régularisées plus vite et combler les besoins en main-d’œuvre de certains secteurs d’activités. Elle réduit notamment à trois ans la durée de résidence requise. Pourtant, l’UMIH et d’autres organisations patronales ne sont pas convaincues. (...)