Le 5 mai, un ex-animateur de la ville de Paris doit comparaître pour harcèlement sexuel et agression sexuelle. « Mediapart » a pris connaissance du dossier, dans lequel transparaît la façon dont les professionnels du périscolaire ont failli à protéger des enfants, contraintes de se serrer les coudes et d’agir par elles-mêmes.
(...) Définitivement exclu par ville de Paris et placé depuis un an sous contrôle judiciaire – avec obligation de soins et interdiction d’exercer avec des mineur·es –, il doit être jugé le 5 mai au cours d’un procès qui s’annonce comme le premier d’une longue série, après l’explosion des mises en cause dans le périscolaire parisien. À ce stade, Nicolas G. dément toute infraction et reste présumé innocent.
Un système d’emprise (...)
À propos des enfants, la directrice dresse surtout ce constat : « De les voir raconter cette histoire et utiliser ces mots-là, je n’en revenais pas. […] Elles n’osaient pas le dénoncer, mais pour se protéger elles, elles étaient obligées. Je les trouve très courageuses d’avoir parlé. »
« Il y a une forme de sororité impressionnante, souligne aussi la mère de Kim, partie civile au procès et dépositaire de la première plainte. Ce sont elles qui ont stoppé la montée en puissance des agissements de Nicolas G. Si elles n’avaient pas parlé, jusqu’où cela serait-il allé ? » (...)
Une souffrance palpable (...)
« Je n’attends pas de ce procès la mort sociale [de Nicolas G.], précise pour sa part le père d’Ambre, qui n’a pas pris d’avocat. Mais que cet animateur ne puisse plus mener d’activités avec des enfants, avec un vrai suivi. Et qu’il y ait un éclaircissement des responsabilités administratives. »
« Sans tomber dans une chasse aux sorcières, il faut former les agents à décrypter les signaux faibles », insiste le père d’Iris. (...)