Une dizaine de bus ont acheminé ces derniers jours des immigrés subsahariens depuis la ville de Sfax vers El Amra, à environ 30km de là. La localité est connue comme étant l’un des principaux points de départs des bateaux pour l’Italie. Mais la plupart des exilés acheminés vivaient à la rue depuis des mois et n’ont pas les moyens de payer la traversée, souligne une chercheuse.
(...) "Les gens ont été abandonnés"
Pourquoi déplacer ces personnes à El Amra, l’un des principaux points de départs des bateaux de migrants pour tenter de rejoindre l’Europe ?
"On a du mal à entrevoir une stratégie, reconnaît Nadège Lahmar, consultante et chercheuse sur les droits humains en Tunisie. Cela peut être vu comme des actions de communication ou bien une démonstration de force pour répondre à la pression venant d’Italie et de l’Union européenne (UE)". (...)
Selon Romdhane Ben Amor, porte-parole du Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES), interrogé par Le Monde, les expulsions de dimanche se sont déroulées sans résistance de la part des exilés "car on leur a fait croire qu’ils allaient être pris en charge dans des camps, alors qu’ils ont été jetés au milieu des champs d’oliviers". "Il n’y a rien dans cette zone, les gens ont été abandonnés", abonde Nadège Lahmar.
Alors qu’aucun hébergement n’est prévu pour les exilés à El Amra, les autorités tunisiennes peuvent-elles avoir délibérément amener des centaines de Subsahariens sur un point de départ vers l’Europe ? (...)