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ONU
Explosion des abus sexuels commis sur des enfants en RDC cette année
#enfants #violencesSexuelles #RDC
Article mis en ligne le 14 janvier 2026
dernière modification le 12 janvier 2026

Les violences sexuelles faites aux enfants en République démocratique du Congo (RDC) atteignent des proportions effrayantes, avec plus de 35.000 agressions recensées entre janvier et septembre 2025, a alerté mardi l’Unicef.

Outre les conflits armés, la pauvreté et l’impunité alimentent ce fléau, qui touche surtout les filles dans les provinces de l’Est. Dans cette région, le conflit continue de jouer un rôle majeur, mais le rapport de l’agence onusienne démontre qu’aucune province n’est épargnée et que le nombre de cas a nettement augmenté depuis 2022. (...)

« Les travailleurs sociaux racontent qu’il faut parfois plusieurs heures aux mères pour accompagner à pied leurs filles jusqu’à un centre de santé alors que ces dernières ont subi une agression et ne sont plus en mesure de marcher. Aux dires des familles, la peur de la stigmatisation et des représailles les empêche souvent de signaler les actes de violence », a déclaré dans un communiqué, Catherine Russell, Directrice exécutive de l’Unicef.
Un fléau sous-estimé et endémique (...)

Les provinces orientales du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri concentrent la majorité des cas. Ces régions sont ravagées par trois décennies de violences, marquées par la présence de groupes armés et de milices. Les principaux auteurs restent des « groupes armés non étatiques », opérant dans un contexte d’impunité, selon l’étude.

« Les témoignages sont les mêmes d’une province à l’autre, signe qu’il s’agit d’une crise profonde alimentée par l’insécurité, les inégalités et le manque de robustesse des systèmes de soutien », a souligné Mme Russell.

Néanmoins, la capitale Kinshasa (ouest) et la région centrale du Kasaï enregistrent également un nombre élevé de cas, liés à la pauvreté qui accentue la vulnérabilité des enfants.

Les filles sont particulièrement touchées par ce problème et représentaient 47 % des survivants de ces violences en 2024, contre 27 % en 2022. Les garçons font également l’objet de violences sexuelles, mais dans une proportion nettement inférieure parmi les cas signalés.

Les adolescentes (12-17 ans) constituent la cible principale, mais les garçons, les enfants handicapés et déplacés sont aussi victimes. « Les enfants sont parfois agressés en allant à l’école ou chercher de l’eau », indique le rapport, mais les viols sont également commis au sein des foyers par des proches ou des connaissances. (...)

Des conséquences lourdes et multiples (...)

Blessure grave, grossesse non désirée et risque accru de contracter le VIH ou d’autres infections sexuellement transmissibles sont autant de préjudices auxquels font face les rescapé(e)s, sans parler des profondes séquelles émotionnelles telles que la peur, l’anxiété, la dépression et le rejet social, y compris l’exclusion familiale et communautaire. (...)

Programmes de soutien aux rescapés menacés

La publication de ce rapport intervient alors que « l’accès aux soins demeure limité » en raison de la distance, du coût et de la fermeture d’espaces sûrs faute de financement. (...)

A noter qu’entre 2022 et 2024, l’Unicef indique avoir aidé 24 200 enfants, mais les coupes budgétaires menacent ces services.

« Cette crise liée à la violence sexuelle exige une intervention immédiate... Les auteurs doivent être mis face à leurs responsabilités, tandis que les femmes et les enfants doivent avoir accès aux services de protection et de soutien indispensables », a fait valoir Catherine Russell.

Appel à écouter les enfants et agir (...)