Alors qu’elle était députée européenne, la désormais ministre de la Culture s’est démenée pour une cause majeure : la promotion du Qatar et de son homme lige en Europe. Aujourd’hui ministre du Travail, président de la conférence annuelle de l’OIT en 2023, le Dr Al Marri est le principal suspect dans le scandale de corruption des élus au Parlement européen. Révélations.
Le premier document qui établit la proximité de l’actuelle ministre de la Culture avec le collaborateur de l’émir, en charge alors de l’épineuse question des droits de l’homme, n’a pas été écrit par l’ex-parlementaire européenne. Il s’agit d’une lettre signée par un pénaliste genevois. (...)
un ténor du barreau de Genève remercie une eurodéputée française pour de la documentation qu’il a reçue sur les mérites d’un hiérarque du Qatar et propose de susciter des articles laudateurs à son sujet...
Pour prendre la mesure de ce qui se joue ici, il faut compléter : quelques années plus tard, le bénéficiaire de ces délicates attentions, le bon docteur qatari, se retrouve au cœur d’un énorme scandale de corruption, visé par un mandat d’arrêt international, qui touche le Parlement européen... où siégeait sa protectrice... devenue de son côté ministre du gouvernement français, tout en étant... mise en examen pour corruption dans un dossier lié au Parlement européen (...)
Le travail réalisé par la parlementaire européenne et son investissement pour le compte du hiérarque du régime qatari vont beaucoup plus loin.
Les autres documents que nous dévoilons, la locataire actuelle de la rue de Valois les a faits parvenir à l’homme des missions délicates de Doha. (...)
les documents révélés par Blast mettent une nouvelle fois en lumière la porosité entre la diplomatie qatarie et les instances européennes, voire nationales. Comme sa correspondante dévouée en France, qui en plus d’avoir assuré sa promotion a mobilisé ses assistants et les moyens du Parlement européen pour lui fournir des notes, conseils et des courriers, le Dr Ali bin Saeed bin Samikh Al-Marri est donc devenu ministre du Qatar - l’un des principaux du gouvernement de Doha depuis octobre 2021. Et surtout (et aussi) la cible principale de la police et de la justice belges dans l’affaire du Qatargate.
Du côté de la ministre de la Culture, ces éléments et ce circuit témoignent d’une certaine idée de l’intérêt général et de la souveraineté, française comme européenne. Celle, singulière, que s’en fait Mme Dati. (...)