Depuis plusieurs jours, la Garde nationale tunisienne a envoyé des soldats dans la région de Sfax, à El Amra, pour une "opération" spéciale : déplacer les migrants - dont la cohabitation avec la population locale est devenue ingérable, selon Tunis. De leur côté, les exilés installés à El Amra déplorent la destruction systématique de leurs campements et sont terrifiés à l’idée d’être expulsés.
La situation se dégrade de jour en jour pour les Africains subsahariens survivant à El Amra, dans la région de Sfax, en Tunisie. "Aidez-nous, ils brûlent toutes nos affaires", "Ils nous agressent", "Ils nous demandent de partir, mais pour aller où ?" font partie des nombreux messages reçus ces derniers jours à la rédaction d’InfoMigrants – sans toujours pouvoir déterminer avec certitude qui sont ces "ils". Les habitants de la région de Sfax, exaspérés par la présence de ces migrants sur leurs champs, près de leurs habitations ? Ou les forces de l’ordre dépêchées dans la zone ?
Sûrement les deux. (...)
La zone est fermée d’accès. Un journaliste tunisien contacté par InfoMigrants affirme, ce jeudi 25 avril, qu’il n’a pas pu entrer à El Amra. "C’est une zone rouge, je n’ai pas eu le droit de filmer, j’ai été arrêté".