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En Tunisie, la situation des migrants est "encore pire" qu’avant
#migrants #immigration #Tunisie #naufrages
Article mis en ligne le 23 mars 2024
dernière modification le 22 mars 2024

Un an après le discours xénophobe du président tunisien Kaïs Saïed, des associations et ONG locales s’inquiètent de voir la situation des migrants subsahariens empirer, à six mois de l’élection présidentielle. Non seulement les interpellations arbitraires continuent, mais désormais des bandes criminelles se livrent aux enlèvements. La traversée de la Méditerranée en bateau reste, quant à elle, toujours aussi dangereuse.

Les articles sur la situation des migrants subsahariens en Tunisie ont peu à peu disparu de l’actualité ces derniers mois, et pourtant les conditions de vie d’un bon nombre d’entre eux restent très difficiles.

(...) "Alors que la coopération en matière de migration avec l’UE ne cesse de se renforcer, les autorités tunisiennes continuent de violer de manière flagrante leurs obligations en matière de respect des droits humains", déclarent une trentaine de signataires dont le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDS). (...)

Romdhane Ben Amor estime aussi que des migrants sont expulsés sur la péninsule située entre Zarzis et Ben Gardane : "Il n’y a que les autorités là-bas. Les membres de la société civile ou les journalistes n’y ont pas accès, tandis que les migrants dorment sous des tentes provisoires", explique-t-il à InfoMigrants.

Depuis, des réseaux criminels profitent de cette situation pour enlever et détenir des exilés en vue de rançonner leurs proches. (...)

Les départs en bateau plus difficiles

Face à cette chasse à l’homme, nombre de migrants subsahariens qui travaillaient depuis plusieurs années en Tunisie ont rassemblé leurs maigres économies pour se payer une traversée en bateau vers l’Italie, Sfax n’étant qu’à une centaine de kilomètres de l’île de Lampedusa.

Mais là encore, les autorités tunisiennes ont renforcé le contrôle de leur frontière maritime depuis la signature en juillet dernier d’un mémorandum de partenariat stratégique avec l’Union européenne à hauteur de 900 millions d’euros, dont 105 consacrés à la lutte contre l’immigration irrégulière. (...)

En 2023, près de la moitié des 146 000 migrants arrivés par bateau en Italie étaient partis des côtes tunisiennes. Une traversée toujours aussi périlleuse avec 1 300 morts pour la seule année dernière. Selon les autorités tunisiennes, la part des non-Tunisiens dans les embarcations est de plus en plus élevée, soit 78% contre 59%.