Dans une petite commune à quarante-cinq kilomètres de Nantes, un collectif se mobilise depuis plusieurs mois contre le projet d’implantation d’une école hors contrat sédévacantiste, un courant minoritaire et ultraconservateur du catholicisme.
(...) Loin d’un traditionalisme « classique », les sédévacantistes (terme issu de sede vacante, « siège libre », qui désigne la vacance apostolique entre la mort ou la renonciation d’un pape et une nouvelle élection) sont en rupture avec l’Église catholique et ne reconnaissent plus aucun pape « depuis la rupture de 1958 et la mort de Pie XII », explique Julien Blanc, enseignant-chercheur en histoire contemporaine à l’université Gustave-Eiffel. (...)
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Près de 600 personnes se sont réunies dimanche 30 novembre à Abbaretz, une petite commune de Loire-Atlantique, pour s’opposer à un projet d’école sédévacantiste. Ce serait la troisième école de cette municipalité de 2.000 habitants. La manifestation a eu lieu juste après la messe des fidèles. (...)
Des services d’État vigilants
À la suite de la première mobilisation, des soutiens institutionnels se sont greffés au groupe d’opposition au projet. Une lettre est en cours de rédaction pour faire part de la situation de la commune à la préfecture ou au rectorat. La sénatrice de Loire-Atlantique Karine Daniel, présente dans le cortège, indique avoir déjà interpellé la rectrice et le ministre de l’Éducation. "Les services de l’État sont vigilants, pour le moment le dossier pédagogique n’a pas encore été déposé", explique-t-elle. (...)
– Pétition Contre le projet d’école hors contrat sédévacantiste à Abbaretz
(...) Les sédévacantistes et leur idéologie anti-républicaine
En rupture totale avec l’église catholique depuis 1958 considéré trop progressiste, les sédévacantistes rejettent surtout les valeurs de la république. Cependant la liberté d’instruction est constitutionnelle et elle s’accompagne d’une obligation absolue du respect du socle commun des connaissances . Or, leurs prises de position publiques démontrent qu’ils ne les respectent pas :
- Exigence de neutralité et de laïcité dans l’éducation pour former l’esprit critique des enfants : ils le nient !
- Primauté de la loi civile sur toute autorité religieuse : ils le rejettent !
- L’éducation à l’égalité entre les filles et les garçons, la non-discrimination, l’enseignement sur la vie affective relationnelle et sexuelle : ils ne l’appliquent pas !
La protection des enfants
Le vivre ensemble fait place au communautarisme, les enfants sont coupés des autres enfants du village :
- Le refus d’appliquer le programme d’éducation affective et sexuelle laisse les enfants démunis et ignorants face aux risques d’abus.
- L’esprit critique des enfants est empêché par l’enseignement d’une seule doctrine.
Chaque enfant a le droit à une éducation favorisant son épanouissement individuel et sa libre pensée.
OUI les enfants ont des droits et les parents doivent se conformer aux lois républicaines.
Nous, habitants et habitantes d’Abbaretz, réclamons le respect de la convention internationale des
droits de l’enfant. Nous, habitants et habitantes d’Abbaretz, refusons l’intégrisme et son institutionnalisation. Nous, habitants et habitantes d’Abbaretz, refusons qu’une école hors sol et hors contrat voit le jour, nous refusons ce projet sectaire sur notre territoire comme ailleurs !
La mobilisation dans la commune et dans l’ensemble du territoire est massive . De nombreux acteurs de l’enseignement, de la politique et du monde associatif nous soutiennent. Un premier plaidoyer à obtenu plus de 700 signatures. REJOIGNEZ NOUS pour refuser ce projet intégriste et rétrograde !
En signant cette pétition, je demande l’abandon total et immédiat de ce projet d’école sédévacantiste hors contrat à Abbaretz, comme ailleurs ! (...)