Au mois de décembre, le Sénat a voté son projet de loi de finances pour 2026, avec des crédits en hausse de 80 millions par rapport à l’année dernière pour lutter contre l’immigration illégale. L’enveloppe atteindra 2,16 milliards d’euros en 2026. Pour le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, cet argent est indispensable à la construction de nouveaux centres de rétention (CRA), au bon fonctionnement de l’ANEF et à la mise en œuvre du Pacte asile et migration.
Entendu devant la commission des finances du Sénat, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a justifié l’augmentation de cette enveloppe. Premièrement, cette hausse de moyens servira à financer deux nouveaux centres de rétention (CRA) pour les étrangers en situation irrégulière.
Deux nouveaux CRA à Dunkerque et Bordeaux
Le ministère de l’Intérieur prévoit non seulement de finaliser la construction du CRA de Dunkerque, dans le nord de la France, mais aussi de construire un nouveau à Bordeaux en 2026. "Nous prévoyons [aussi] la création de 52 places [supplémentaires] dans le CRA de Rennes et celle de 28 places dans celui de Metz" a ajouté Laurent Nuñez "pour atteindre [au total] 2 299 places en 2026". (...)
Pour le Sénat - majoritairement à droite -, ces annonces sont les bienvenues à l’heure où l’institution juge le nombre d’expulsions encore trop faible en France et où la politique d’éloignements forcés est "toujours en recherche d’efficacité", peut-on lire dans son rapport de novembre 2025. (...)
Pour le Sénat - majoritairement à droite -, ces annonces sont les bienvenues à l’heure où l’institution juge le nombre d’expulsions encore trop faible en France et où la politique d’éloignements forcés est "toujours en recherche d’efficacité", peut-on lire dans son rapport de novembre 2025. (...)
Pour le Sénat - majoritairement à droite -, ces annonces sont les bienvenues à l’heure où l’institution juge le nombre d’expulsions encore trop faible en France et où la politique d’éloignements forcés est "toujours en recherche d’efficacité", peut-on lire dans son rapport de novembre 2025. (...) Dans son dernier rapport de 2024, l’association La Cimade rappelle que l’écrasante majorité des retenus sont maghrébins, ils constituent le trio de tête des nationalités : un peu plus de 5 000 Algériens, 1 900 Tunisiens et 1 700 Marocains sont passés par des CRA en 2024. Des chiffres loin devant les autres nationalités : 700 Roumains, 450 Albanais, 350 Guinéens, 300 Afghans ou encore 300 Ivoiriens. (...)
"Améliorer l’accueil" des étrangers via l’ANEF
"La dernière grande priorité" de ce budget "est la poursuite du déploiement des grands programmes numériques, en particulier de l’administration numérique pour les étrangers en France (ANEF), qui doit être sécurisée pour faciliter le travail des agents et améliorer l’accueil des usagers", a encore expliqué Laurent Nuñez. (...)
Ce programme est largement critiqué par les associations d’aide aux étrangers. L’ANEF doit permettre de dématérialiser les démarches administratives liées à l’immigration en France. Passer par cette plateforme est une étape nécessaire pour une majorité de démarches administratives. Mais entre les bugs informatiques, les blocages administratifs et l’absence de réponse humaine, l’utilisation de l’ANEF vire souvent au cauchemar pour les personnes étrangères en France qui cherchent à renouveler leurs titres de séjour pour rester en règle sur le sol français.
Dix associations françaises avaient saisi fin mars 2025 le Conseil d’État pour dénoncer les bugs "massifs et récurrents" de l’ANEF. "Les dysfonctionnements kafkaïens de la plateforme numérique des demandes de titres de séjour, signalés à maintes reprises aux pouvoirs publics, entravent l’accès des personnes étrangères au marché du travail, aggravent leur précarisation et pénalisent lourdement les associations et les entreprises qui les accompagnent ou les emploient", dénonçaient dans un communiqué les dix associations.
La gauche, vent debout contre le budget défendu par Laurent Nuñez (...)
Laurent Nuñez "veut pousser" pour exclure les associations des centres de rétention
Interrogé sur une proposition de loi, adoptée au Sénat en mai dernier, visant à retirer aux associations présentes dans les CRA leur mission de conseil juridique auprès des étrangers retenus, Laurent Nuñez, a par ailleurs indiqué qu’il "pousser(ait) cette proposition" si elle est inscrite en débat à l’Assemblée nationale.
S’il est adopté, le texte prévoit que les associations seront remplacées par les agents de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii), un organisme placé sous la tutelle du ministère de l’Intérieur. Aujourd’hui, cinq associations comme La Cimade, France terre d’asile ou encore Solidarité Mayotte interviennent dans les 25 centres de rétention administrative français. Chaque année, elles portent conseil à près de 40 000 étrangers en situation irrégulière.
"Il y a effectivement des structures associatives qui ne font plus de l’assistance juridique mais qui déposent des recours très systématiquement", a déploré le ministre, précisant qu’il ne s’exprimait pas "au nom du gouvernement", mais à "titre personnel". (...)
Les associations concernées avaient dénoncé, au moment du vote au Sénat, "un coup fatal à l’exercice des droits des personnes privées de liberté et à la transparence démocratique".