Selon les chiffres de l’Organisation internationale des migrations, sur l’ensemble de l’année 2024, 21 700 exilés ont été stoppés en mer Méditerranée par les gardes-côtes libyens alors qu’ils tentaient de rejoindre l’Europe. Parmi eux, 1 500 femmes et 700 enfants. En revenant en Libye, la grande majorité se retrouvent en prison et sont soumis à des traitements inhumains.
La totalité des personnes qui tentent la traversée de la Méditerranée embarquent sur des canots vétustes en bois ou en métal, complètement inadaptés à de tels trajets en mer. Ils sont généralement arrêtés par les gardes-côtes dans les eaux territoriales libyennes ou dans les eaux internationales – avec le soutien de l’Union européenne (UE).
Depuis 2017, année de la signature d’un accord entre la Libye et l’Italie soutenue par Bruxelles, l’Europe confie aux autorités libyennes la charge de la coordination des sauvetages au large de leurs côtes (tâche qui incombait auparavant à Rome ou à La Valette, à Malte). Le but : "endiguer" les arrivées de migrants en Europe. L’accord de 2017 prévoit justement que l’Italie équipe et forme les autorités libyennes pour intercepter les exilés en Méditerranée.
Pour cette raison, il a toujours été fustigé par les ONG de défense des droits de l’homme. Non seulement parce que les interventions en mer peuvent être dramatiques : le 6 novembre 2017, près de 20 personnes, des hommes, des femmes et des enfants, s’étaient noyés en Méditerranée en raison de l’inaction des autorités libyennes et de leur amateurisme. Mais aussi parce que les exilés ramenés contre leur gré en Libye se retrouvent généralement en prison où ils sont soumis à des traitements inhumains (tortures, passages à tabac, humiliations, viols, voire assassinats).
Depuis des années, la rédaction d’InfoMigrants reçoit des messages de personnes retenues captives en Libye, et soumis à toute sorte de tortures. (...)
Dernière exemple en date : la diffusion le 6 janvier 2025 de la photo d’une Éthiopienne bâillonnée et attachée dans une cellule. Ses ravisseurs réclament 6 000 dollars à sa famille pour sa libération. (...)
Les photos et documents de migrants torturés sont légion sur le compte "Refugees in Libya" et ont fait l’objet de nombreux articles. (...)
Il n’est pas rare non plus que des gardiens des centres de détention officiels revendent eux-mêmes des migrants à des trafiquants. (...)