Dina voulait rejoindre l’Angleterre avec sa famille pour y construire sa vie. Son rêve a été brisé le 28 juillet dernier. La jeune femme koweïtienne est morte étouffée dans un canot surchargé, dans la Manche. Elle laisse derrière elle ses parents, deux sœurs et un frère inconsolables.
Dina voulait rejoindre l’Angleterre avec sa famille pour y construire sa vie. Son rêve a été brisé le 28 juillet dernier. La jeune femme koweïtienne est morte étouffée dans un canot surchargé, dans la Manche. Elle laisse derrière elle ses parents, deux sœurs et un frère inconsolables.
Dina était "une bonne vivante" qui "aimait la vie". Elle "voulait rejoindre l’Angleterre pour vivre en sécurité" avec sa famille, témoigne sa sœur Nour, 19 ans. Elle n’en aura jamais l’occasion. Le 28 juillet, la jeune femme de 21 ans est morte écrasée dans un canot surchargé, qui faisait route vers l’Angleterre.
Cette fois-là pourtant, Dina et sa famille espéraient que ce soit la bonne, après cinq tentatives de traversées empêchées par la police. (...)
Les trois sœurs - Dina, Fatima, et Nour - sont les premières à monter dans le canot, suivies par des dizaines d’autres migrants. L’embarquement est difficile. "Presque 20 personnes nous écrasaient, ma sœur et moi, se souvient Nour. Nous avons demandé à descendre mais on ne nous a pas laissées faire. Le bateau est quand même parti. Des jeunes qui avaient des couteaux menaçaient de les utiliser s’il ne partait pas". (...)
Dans le canot surchargé, s’en suit une heure d’horreur pour Dina et ses deux sœurs, qui ne cessent de demander de l’aide aux autres passagers, en vain. Puis certains réalisent que Dina "est toute blanche, avec des bleus au niveau du cou". Ils appellent enfin les secours maritimes. (...)
Tout en s’exprimant avec douceur, Nour dit éprouver de la colère à l’égard des passagers qui n’ont pas écouté leurs supplications. "Depuis quelques mois, un phénomène que nous n’avions pas observé auparavant est apparu, explique la Premar à InfoMigrants. Lors d’au moins deux opérations de sauvetage, les personnes inanimées ont été extraites directement des embarcations. Elles ont malheureusement péri en mer, mais pas par noyade : de malaise ou de bousculade à bord des embarcations".
"Les traversées de la Manche ont "changé... en pire", affirmait également, fin mai, à InfoMigrants Salomé Bahri, coordinatrice de l’association Utopia 56 à Grande-Synthe, présente depuis des années sur le littoral français. "On a remarqué que les décès [de migrants] se produis[ai]ent désormais près des côtes. On meurt plus au moment de l’embarcation, et moins en pleine mer", résumait-elle. "On peut aussi mourir avant même d’avoir atteint la Manche."
Après le drame, une enquête a été ouverte pour homicide involontaire aggravé et mise en danger de la vie d’autrui. Selon le parquet de Boulogne-sur-Mer qui s’exprimait le lendemain du drame, "l’hypothèse de l’étouffement est sérieusement envisagée".