Depuis plus de trente ans, Survie lutte contre le néocolonialisme français et dénonce les crimes et complicités commis par les représentants de l’État français. Notre champ d’analyse et d’action s’est élargi au fil des années, dénonçant, outre la Françafrique, les situations actuelles de colonies des territoires d’outremers.
Faire juger et reconnaître la complicité des représentants de l’État français dans le génocide des Tutsis du Rwanda est une lutte qui structure le positionnement politique de notre association. La recherche conduite depuis des années pour établir les faits et décisions qui constituent cette complicité nous ont montré que le soutien assumé de l’État français à des régimes « amis » mène à rendre possible la commission d’un génocide en en étant parfaitement informé. Ce constat nous a amené à modifier les statuts de notre association en 2016 afin que la lutte contre la banalisation des génocides y soit inscrite et que nous puissions porter ce combat devant la justice.
Actuellement, face à la destruction méthodique de la bande de Gaza et à l’annexion de la Cisjordanie par l’État d’Israël, nous posons ce constat : les représentants de l’État français, mus par une vision qui reste coloniale, se rendent, par leur soutien diplomatique et militaire à l’État d’Israël, une fois de plus complices de crimes contre l’humanité, de crimes de génocide, de crimes de guerre, sous le regard du monde entier qui reçoit au quotidien les images des massacres sur leurs écrans. (...)
De la colonisation de la Palestine par l’État d’Israël au génocide à Gaza
L’histoire de la colonisation israélienne se caractérise par une succession d’actions illégales au regard du droit international, matérialisées par l’expulsion, la fragmentation et la destruction progressive du territoire palestinien. (...)
Perpétuation d’une domination néocoloniale de l’Occident et d’un racisme structurel en France
La criminalisation du soutien au peuple palestinien et la rhétorique sécuritaire utilisée pour délégitimer la solidarité anticoloniale s’inscrivent dans une dynamique plus large de perpétuation d’une hégémonie politique et économique des pays occidentaux sur le Sud global. Cette hégémonie s’appuie notamment sur la généralisation d’une lutte « antiterroriste » dans le sillage de la guerre globale contre le terrorisme depuis le 11 septembre 2001, et repose sur une vision du monde où l’Occident « civilisé » de tradition « judéo-chrétienne » [2] devrait se défendre d’un Orient musulman et « barbare ». (...)
L’histoire de la colonisation, particulièrement lorsqu’il s’agit d’une colonisation de peuplement, est marquée par une longue liste de massacres ciblant des peuples infériorisés afin d’établir la domination de certains pays occidentaux. Perdure dans les sociétés françaises et européennes un puissant racisme structurel qui permet, aujourd’hui encore, à une grande partie des Français d’accepter que des peuples racisés soient dépossédés de leurs terres, comme en Palestine, en Kanaky-Nouvelle-Calédonie ou en Algérie, que les hommes racisés soient la cible privilégiée de la police et la gendarmerie française en toute impunité ou encore que les musulmans soient mis au ban de la société française par des lois iniques [3] .
Dénoncer la banalisation du génocide et la complicité de l’État français (...)
Le colonialisme n’est pas un vestige du passé, mais une matrice toujours active de domination et de destruction. Conformément à ses statuts, Survie agit contre la banalisation des crimes de génocides et les complicités coloniales qui les rendent possibles.