Une course contre la montre est engagée à Mayotte dévastée samedi par un cyclone meurtrier. Le bilan du drame est pour l’heure impossible à définir et restera probablement incertain. Environ 100 000 personnes vivent de manière irrégulière à Mayotte - sur 320 000 habitants - dans des cases en tôle, qui n’ont pas résisté aux vents de plus de 220 km/h. Les sans-papiers n’ont pas voulu rejoindre les hébergements d’urgence, de peur d’être interpellés et expulsés dans leur pays d’origine.
Plusieurs centaines, voire des milliers de morts : le bilan humain du cyclone Chido, qui a touché samedi 14 décembre l’île française de Mayotte, pourrait être très lourd. Deux jours après le passage de la tempête dévastatrice sur le 101e département de France, le plus pauvre, le nombre de morts et de blessés reste incertain.
Les secouristes s’attendent à trouver de nombreuses victimes dans les décombres des bidonvilles très peuplés, notamment dans les hauteurs de Mamoudzou, a dit le maire de la ville, Ambdilwahedou Soumaila.
Il sera aussi "très difficile d’avoir un bilan final" étant donné que la tradition musulmane, très ancrée dans le petit archipel de l’océan Indien, veut que les défunts soient enterrés "dans les 24 heures", a expliqué dimanche soir le préfet François-Xavier Bieuville. (...)
En outre, la population clandestine de Mayotte dépasse les 100 000 personnes selon le ministère de l’Intérieur - sur quelque 320 000 habitants officiellement dénombrés -, ce qui rend improbable un décompte des morts exhaustif.
Des migrants refusent d’être hébergés de peur d’être expulsés
"Tous les bidonvilles sont couchés, ce qui laisse augurer un nombre considérables de victimes", a commenté auprès de l’AFP une source proche des autorités. Dans ces habitations précaires vivent principalement des personnes sans-papiers, originaires des Comores ou de l’Afrique des Grands Lacs. La majorité d’entre elles n’ont pas rejoint les centres d’hébergement avant le passage du cyclone, "en pensant que ce serait un piège qu’on leur tendait (...) pour les ramasser et les conduire hors des frontières", raconte à l’AFP Ousseni Balahachi, un ancien infirmier joint.
"Ces gens-là sont restés jusqu’à la dernière minute. Quand ils ont vu l’intensité du phénomène ils ont commencé à paniquer, à chercher où se réfugier. Mais c’était déjà trop tard, les tôles commençaient à s’envoler", a-t-il regretté. (...)
Les cases ont été anéanties, les toits de tôle ondulée se sont envolés, des poteaux électriques sont tombés à terre, des arbres et bambous ont été brisés... La plupart des routes sont impraticables, les communications extrêmement difficiles. InfoMigrants a tenté de joindre plusieurs ONG et des exilés vivant sur l’île, mais tous leurs téléphones étaient encore éteints lundi matin.
La situation du système de soins est "très dégradée" (...)