Après trois longues années de guerre et d’exil, beaucoup des 1,5 million de Soudanais réfugiés en Égypte souhaitent désormais rentrer. Si le gouvernement de Khartoum déploie tous les moyens pour rapatrier ses forces vives, le choix reste difficile pour la plupart, tant la situation sur place demeure instable.
(...) Pour ce jeune homme, venu accompagner son père, le retour attendra : « Ce n’est pas encore le moment pour nous, il vaut mieux attendre. » Quand on lui demande ce qu’il attend pour quitter l’Égypte et rentrer au pays, il répond : « Que la situation se calme. Que les universités et les écoles réouvrent. Alors, on rentrera si Dieu le veut. »
Depuis le petit bureau de la compagnie, une employée remarque un afflux récent de candidats au retour : « Depuis le début du Ramadan, de plus en plus de Soudanais souhaitent rentrer, surtout après que l’armée a repris le contrôle de nombreuses zones. »
« Ce n’est pas sûr pour eux de rentrer »
Mais ce discours de retour au calme est largement entretenu par le gouvernement soudanais, alors que sur place, la guerre continue et la situation reste précaire pour les civils. (...)
Après la reprise de Khartoum par l’armée régulière en mars 2025, le gouvernement soudanais avait même affrété des trains gratuits pour encourager le retour de la diaspora. « Ce retour volontaire n’a pas fonctionné pour eux. Ils ont trompé les gens en les convainquant de revenir. Mais quand ils ont vu la réalité sur place, beaucoup sont revenus. Le gouvernement a besoin de recruter des gens pour se battre », explique Najda Mansour.
Un risque d’autant plus grand que le billet pour Khartoum coûte entre 100 et 150 euros. Et le retour au Caire plusieurs milliers.
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– (Mediapart, abonnés)
« Je retournerai au Soudan quand la paix sera rétablie »
Si certains réfugiés rentrent au Soudan, encouragés par la victoire de l’armée à Khartoum, d’autres fuient toujours les combats mais aussi les recrutements forcés et les arrestations arbitraires. Ils sont plus de 17 000 à avoir trouvé refuge au Soudan du Sud depuis le début de l’année. (...)
Les combats ont jeté plus de 286 000 individus sur les routes au premier trimestre 2026. Le conflit soudanais perturbe en outre les exportations de pétrole, sur lesquelles le budget de l’État repose à 90 %, tandis que la corruption rampante paralyse le marché de l’emploi. (...)