Chaque année, de nombreux migrants choisissent de rentrer au Cameroun via le programme de retour volontaire de l’OIM, après des mois de souffrance sur les routes migratoires. Pour mieux les accompagner et faire face aux difficultés à leur arrivée, l’institution onusienne a signé un nouveau partenariat avec le gouvernement camerounais.
"Quand je suis rentré au Cameroun, je me suis senti totalement abandonné. Mes proches me reprochaient de ne pas avoir réussi à aller en Europe, ils m’en voulaient. Et puis mon atelier de menuiserie avait fermé, je n’avais plus rien. Je me suis senti très seul". Pierre Marie Ndzana est revenu chez lui à Douala en 2018. Ses deux ans de prison en Libye et les "horreurs inimaginables" qu’il y a vécues l’ont en effet poussé à rebrousser chemin via le programme de retour volontaire de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Mais reprendre le cours de sa vie au Cameroun s’est avéré bien plus difficile qu’il ne l’imaginait. (...)
Mes traumatismes sur la route et ce rejet dans mon pays m’ont détruit : en Libye, on m’a forcé à enterrer des morts, et chez moi, personne ne me comprenait. J’ai commencé à fumer et à boire, à me perdre".
Pour que l’histoire de Pierre Marie Ndzana se répète le moins possible avec d’autres personnes, le gouvernement camerounais a signé le 6 janvier un nouveau partenariat avec l’OIM. Ce mémorandum d’entente conclu à Yaoundé en présence du ministre de la Jeunesse et de l’Éducation civique Mounouna Foutsou, acte la mise en place "de mécanismes pour faciliter le retour volontaire et la réintégration" des exilés, à travers des programmes de formation professionnelle notamment, affirme le site d’actualités 237 online.