Six joueurs de handball burundais dont la demande d’asile a été rejetée par Bruxelles ont été expulsés vers la Croatie, leur premier pays d’entrée dans l’Union européenne. Ces jeunes exilés avaient profité d’un championnat du monde en Croatie, en août dernier, pour fuir vers la Belgique, place forte de la diaspora burundaise.
Ces huit handballeurs étaient ciblés par une mesure d’expulsion après le rejet de leur demande d’asile. Mais deux d’entre eux "ne se sont pas présentés" au moment du départ du vol, et seuls six ont pu être renvoyés vers la Croatie, selon la même source. Les deux autres sont désormais visés par un ordre de quitter le territoire.
La Croatie "est responsable de leur procédure d’asile en vertu des règles européennes", a expliqué Nicole de Moor, secrétaire d’État belge à l’Asile et la Migration, en annonçant ces expulsions. (...)
Le choix de la Belgique n’est pas un hasard. Ancienne puissance coloniale au Burundi, le pays héberge une importante communauté de Burundais et de Belges d’origine burundaise. (...)
"Depuis mon départ du Burundi, la destination finale, c’était la Belgique, avait raconté Richard, un exilé burundais à la rue à Bruxelles, rencontré par InfoMigrants en février 2023, en pleine crise de l’accueil dans le pays. Et je me retrouve dehors, sous 3 degrés. Heureusement que les habitants et les associations sont là".
En quittant le Burundi, Pascal, psychologue clinicien avait lui aussi une tout autre idée de la Belgique. "Mes amis m’avaient dit qu’ici, les personnes comme moi étaient bien accueillies, que pour avoir des papiers, ça ne traînait pas, avait-il affirmé. En arrivant, j’ai été très surpris. On vous met dans la rue comme ça… Je n’ai pas compris."
"Exécutions extrajudiciaires" et "disparitions"
Les Burundais fuient depuis de nombreuses années une situation économique et politique très difficile. (...)
D’après Human Rights Watch (HRW), "des informations faisant état d’exécutions extrajudiciaires, de disparitions et d’arrestations arbitraires de membres de l’opposition persistent", malgré le mince espoir suscité par l’élection du président Évariste Ndayishimiye. "Si quatre journalistes éminents ont été graciés et libérés fin 2020, plusieurs défenseurs des droits humains restent en prison malgré les appels internationaux en faveur de leur libération". (...)
"De nouveaux cas d’harcèlements, d’arrestations et de condamnations de défenseurs des droits de l’Homme et de journalistes ont eu lieu pendant le premier trimestre de 2023, ajoute la note. De nombreux activistes et journalistes restent en exil".