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Marie-Claude Saliceti
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Revolution Permanente
Anti-RSA, anti-syndicats, anti-services publics : le RN présente un nouveau programme 100% patronal
#RN
Article mis en ligne le 20 septembre 2024
dernière modification le 18 septembre 2024

Ce week-end, le Rassemblement National faisait sa rentrée à l’Assemblée nationale. L’occasion pour Marine Le Pen et Jordan Bardella de dévoiler leur stratégie dans la crise politique : soutenir le gouvernement Barnier et ne pas voter de motion de censure, tout en surjouant l’opposition de façon plus hypocrite que jamais. Lors du séminaire de rentrée du groupe RN, le maître mot était ainsi de « gagner en crédibilité », comme l’a martelé Marine Le Pen. Une ambition incarnée par le député de la Somme Jean-Philippe Tanguy, qui a présenté le programme économique du parti.

Ce document de trente-cinq pages intitulé « La France entreprend – projet de Marine Le Pen » est pensé spécialement pour rassurer les patrons et les investisseurs. L’occasion de reprendre de nombreuses mesures anti-ouvrières, en supprimant une partie du « vernis social » du parti : suppressions de normes pour les entreprises, baisses des impôts de production et nouvelles exonérations, et attaques contre les syndicats, les services publics, l’assurance chômage et le RSA.

Donner des gages aux patrons : réductions d’impôts en cascade (...)

Si le nouveau programme économique du RN prétend défendre une politique équilibrée, autour du « triptyque État – Entreprises – Salariés » - agrémentée de mesures racistes et xénophobes assumées -, il est en réalité tout entier pensé pour séduire les milieux patronaux. (...)

Au nom de la défense des « liberté de créer, liberté d’entreprendre, liberté d’innover, liberté d’investir, liberté de produire, liberté d’exporter », mises en avant dans le rapport, le parti d’extrême-droite propose de nouvelles baisses des impôts de production. Il souhaite également valoriser les crédits d’impôt recherche et innovation qui octroient des millions d’euros à des multinationales, sans aucune contrepartie. A ce tableau pro-patronal s’ajoutent la suppression de la contribution foncière des entreprises (CFE), et l’exonération de la contribution sociale de solidarité des sociétés (C3S) « dans les territoires à revaloriser », ainsi que des promesses de « simplification ». Comprendre des suppressions à la chaîne de normes sociales et environnementales.

Défendant un programme néo-libéral qui n’a rien à envier à Emmanuel Macron, le parti veut même que l’Éducation nationale soit encore plus tournée vers les besoins des entreprises. Reprenant la proposition de l’institut Rexecode, proche des milieux patronaux, le RN assume de mettre les moyens de l’État au service des capitaux privés, en proposant un fonds souverain avec une garantie de l’État sur le capital pour financer les entreprises françaises.
Des cadeaux payés par des attaques anti-ouvrières contre les services publics, le RSA, et les syndicats (...)

A la différence des cadeaux au patronat, les coupes dans les services publics promises par le RN sont elles bien chiffrées : le parti voudrait par exemple réduire à 10% la part du personnel administratif dans les hôpitaux et diminuer de 23 à 18% le personnel non enseignant dans l’Éducation nationale. Une mesure qui pourrait largement déstabiliser les écoles, et viser notamment les AESH, psychologues scolaires ou infirmières qui accompagnent les élèves dans des conditions sans cesse dégradées.

Le nouveau programme économique du RN acte également l’abandon par le parti de deux propositions phares des dernières campagnes. La baisse de la TVA sur les produits énergétiques ne figure ainsi pas dans le document, de même que l’annulation de la dernière réforme de l’assurance chômage promue par le gouvernement Macron-Attal. Des abandons qui montrent toute l’hypocrisie du discours « social » tenu par le RN pour les élections, et annonce des convergences chaque jour plus étroites avec la politique austéritaire et pro-patronale de Macron et son Premier ministre Michel Barnier. (...)