Une enquête de la DIW, l’institut allemand d’études économiques, a démontré dans un rapport que les réfugiés statutaires en Allemagne envoient moins d’argent à l’étranger que des personnes bénéficiant d’autres types de séjour. L’Allemagne a pourtant changé son système de versement d’allocations aux demandeurs d’asile pour empêcher les transferts d’argent hors du pays.
la crainte que les aides publiques dont bénéficient les demandeurs d’asile soient massivement transférées à l’étranger est ancré dans les esprits.
L’étude a montré que la proportion de réfugiés statutaires qui envoient de l’argent à l’étranger est passée de 13 % à 7 % entre 2013 et 2022. Dans le même temps, la proportion des migrants sans statut de protection transférant de l’argent à l’étranger est passée de 8 à 12 %. Ce dernier groupe est composé de personnes venues en Allemagne pour trouver un emploi, suivre des études ou encore être réunies avec d’autres membres de leur famille. (...)
En revanche, les personnes arrivés par la voie régulière en Allemagne sont plus susceptibles d’obtenir un emploi stable et de s’intégrer socialement et économiquement.
Avec moins de contraintes financières, ce groupe peut se permettre d’envoyer de l’argent à l’étranger pour des raisons plus variées, comme les investissements et le maintien des liens culturels.
Les chiffres de la Banque fédérale allemande indiquent que les transfert de fonds annuels depuis l’Allemagne se sont élevés à 22 milliards d’euros, faisant du pays le premier en Europe en la matière. (...)
Le DIW conclut ainsi que le débat politique sur la manière dont les réfugiés dépensent leurs prestations sociales est mal interprété. "L’idée que les réfugiés envoient de l’argent à l’étranger à grande échelle (...)
Les cartes de paiement (Bezahlkarte en allemand) ont justement pour but de réduire les transferts d’argent à l’étranger et les paiement perçus par les réseaux de trafic, tout en réduisant le fardeau administratif pour les autorités locales.
Les groupes de défense des migrants dénoncent un système discriminatoire, d’autant plus qu’en Allemagne de nombreux commerces n’acceptent que de l’argent liquide. Des demandeurs d’asile affirment également que les cartes de paiement sont "stigmatisantes" et suscitent des regards dubitatifs dans les magasins. (...)