D’après un document du ministère de la Défense consulté par la presse italienne, les centres italiens pour migrants construits en Albanie seront prêts en novembre 2024. Depuis la signature de l’accord entre les deux pays, Rome promettait une ouverture bien plus proche, en mai.
Si les travaux des futures structures ont bien commencé le 23 mars dernier, ils nécessitent 233 jours de travaux avant livraison, à l’automne prochain donc.
Une information en contradiction avec les annonces officielles du gouvernement italien, qui promet une ouverture de ces centres le 20 mai 2024. (...)
Des centres 100% financés par Rome
La construction de ces deux infrastructures italiennes en terre albanaise, pays qui ne fait pas partie de l’UE, a été avalisée par le Parlement du pays en février dernier. Elles seront gérées par l’Italie et pourront accueillir jusqu’à 3 000 exilés à la fois, secourus par les autorités italiennes - garde-côtes, Marine, Garde financière - en mer Méditerranée.
La construction et le fonctionnement des centres, évalués entre 650 et 750 millions d’euros, sont financés à 100% par Rome, sur cinq ans. Les autorités italiennes seront chargées du maintien de l’ordre dans les centres, la police albanaise en étant responsable à l’extérieur et au cours du transport des migrants d’une zone à une autre. (...)
Cette externalisation des demandes d’asile hors UE est contraire au droit international. (...)
Des mineurs dans des centres pour adultes (...)
En novembre 2023, le Parlement a validé le décret Cutro 2, qui autorise notamment l’hébergement des mineurs de moins de 16 ans dans des centres pour adultes. Le texte rend également possible le dépassement des capacités des centres en cas de flux migratoires intenses : de 50% dans les structures pour mineurs et 100% dans ceux des adultes. (...)
Depuis janvier 2023, le décret Piantedosi, lui, complique sérieusement le travail des ONG de sauvetage en mer Méditerranée. Données à l’appui, l’association de sauvetage SOS Humanity révèle qu’au cours de l’année passée, les navires de secours en Méditerranée ont perdu 374 jours à effectuer des longs trajets pour rejoindre des ports de débarquement italiens au lieu de rester en mer pour porter assistance aux canots en détresse, comme le stipule désormais la loi italienne. (...)