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Huffington Post
À Paris, la prestigieuse université Panthéon-Sorbonne lance un cri d’alerte
#universites #Sorbonne
Article mis en ligne le 13 mars 2026
dernière modification le 11 mars 2026

Les syndicats estiment qu’il manque aujourd’hui au moins 8 milliards d’euros pour répondre aux besoins de l’enseignement supérieur public en France.

Elle a atteint « un point de rupture ». L’université Paris 1-Panthéon Sorbonne, en déficit depuis deux ans, ne se maintient à flot que grâce au « dévouement » de son personnel, a alerté ce mardi 10 mars sa présidente Christine Neau-Leduc.

« Nous arrivons à maintenir nos missions de service public, mais nous sommes en déficit et nous atteignons un point de rupture », a-t-elle déclaré sur France Inter à l’orée d’une journée de mobilisation contre le « sous-financement chronique » des universités. (...)

Cette bascule, si elle intervenait, pourrait signifier « accueillir moins d’étudiants » ou « réduire le nombre d’heures de cours », or « ce n’est pas du tout ce que l’on souhaite », a-t-elle insisté.

L’an dernier, l’université a d’ores et déjà été contrainte de faire des économies « sur l’achat des livres, sur la recherche : on a annulé des colloques, des missions, on a annulé du terrain pour nos étudiants », a-t-elle souligné.

Journée de mobilisation

Des rassemblements sont prévus devant le ministère à Paris ( mardi 10 mars) à partir de 12h et devant les rectorats en région en parallèle d’assemblées générales dans les universités à l’appel de l’Unsa, la CFDT, la FSU, la CGT, Sud et des organisations étudiantes (Fage, Unef, Union étudiante et FSE). (...)

Lire aussi :

 (France3)
10 MARS : Rassemblements contre les suppressions de postes et la mise au pas des universités et des ONR par leur sous-financement chronique

"L’université part en lambeaux", à l’appel des syndicats, étudiants et enseignants manifestent contre le manque de moyens dans l’enseignement supérieur

À l’appel de l’intersyndicale, une centaine de personnes se sont rassemblées devant le ministère d’Enseignement supérieur, dans le 5e arrondissement de Paris ce mardi 10 mars. Enseignants et étudiants protestent contre le manque de moyen de l’université.

Réunis face aux grilles du ministère, sur la placette Jacqueline-de-Romilly, dans le 5e arrondissement, les manifestants donnent de la voix, alors qu’à l’intérieur du bâtiment se tient une réunion du Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche (CNESER), une instance consultative composée de membres de l’université et d’étudiants. L’occasion aussi de se mobiliser alors que des assises ont été convoquées depuis le mois janvier afin de dresser le diagnostic du modèle de financement des universités en France. Un rapport doit être remis dans quelques mois.
16 milliards d’euros nécessaires

La situation économique de l’enseignement supérieur est en effet jugée préoccupante par de nombreux acteurs. Ce mardi matin, sur France Inter, la présidente de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Christine Neau-Leduc, affirmait atteindre un "point de rupture." "Déjà, il y a deux ans, sur France Inter, j’avais dit : ’Les universités sont à l’os’", rappelle-t-elle. "On partage ce diagnostic avec toutes les organisations qui appellent au rassemblement." De son côté, l’université Paris 1 "est en déficit depuis deux ans", affirme sa présidente.

Une situation qui touche désormais l’entièreté des universités françaises, estime Emmanuel de Lescure, secrétaire général du syndicat Snesup-FSU. (...)

"Un ras-le-bol collectif"

Pour tenter de remplir les caisses, plusieurs universités - dont Paris 1 Panthéon-Sorbonne - ont choisi d’augmenter les frais de scolarités pour certains étudiants étrangers hors Union européenne, déclenchant un vif mouvement d’opposition du corps enseignant et étudiant. Une décision "extrêmement déplorable", juge Marie Cottrell, professeure émérite et engagée au Snesup depuis une quarantaine d’années, "nous sommes extrêmement mobilisés contre cette mesure." Un mouvement de rétention de notes des examens de janvier est toujours en cours. "On espère que le ministère se rende compte que l’enseignement supérieur et la recherche, c’est un investissement, pas une dépense", poursuit-elle. (...)

 (CGT/communiqué de l’intersyndicale de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche)

10 MARS : Rassemblements contre les suppressions de postes et la mise au pas des universités et des ONR par leur sous-financement chronique

Depuis 2007, la part du budget de la MIRES dans le budget général de l’État n’a cessé de baisser. S’en suit une baisse des dépenses de recherche publique atteignant un niveau historiquement bas depuis 1980 à 0,74 % du PIB, alors même que l’objectif officiel est d’atteindre 1 %, ce qui suppose d’augmenter d’un tiers les budgets comme le nombre d’emplois scientifiques. Dans le même temps, le nombre d’étudiant·es inscrit·es dans l’enseignement supérieur public a progressé de 19 %. C’est l’équivalent de 10 universités qui auraient dû être construites et 30 000 agent·es qui auraient dû être recruté·es dont 15 000 enseignant·es et enseignant·es-chercheur·es. Au contraire, sur cette période nous avons perdu 900 emplois d’enseignant·es-chercheur·es (EC) et le nombre total d’enseignant·es titulaires et contractuel·les a baissé de 4 %, quand les emplois BIATSS se sont massivement précarisés. Au CNRS, depuis 2007 la baisse de l’emploi de chercheur·ses, ingénieur·es et technicien·nes titulaires est de 9 %. L’aggravation de l’épuisement des collègues et de la dégradation des conditions de travail conduit à l’impossibilité d’assurer les missions dans nombre d’universités et d’organismes de recherche.

Les indispensables compensations des mesures imposées aux universités prévues au projet de loi de finances, ne sauraient effacer l’austérité budgétaire imposée par le gouvernement aux universités. Il manque aujourd’hui au moins 8 milliards d’euros pour répondre aux besoins de l’enseignement supérieur public et 8 milliards d’euros supplémentaires pour que le budget de la recherche publique atteigne à 1 % du produit intérieur brut (PIB). Dans ce contexte, la tenue d’un dialogue social sur la question du financement des universités est demandée depuis des années et nécessaire.

En revanche, le lancement d’assises sur la lisibilité de leur financement questionne, et encore plus l’objectif affiché d’établir un « diagnostic partagé, rigoureux et incontestable sur la situation financière des universités ». Les constats factuels émanant des débats budgétaires dans les établissements sont pourtant clairs. La dégradation de la situation des personnels des universités est bien une réalité objective et concrète. Partout, les chiffres montrent des campagnes d’emploi amputées, des suppressions de postes, des non-renouvellements de contrats, une réduction de l’offre de formation et des capacités d’accueil, un gel des crédits de fonctionnement, une baisse des crédits récurrents des unités de recherche. S’ajoutent à cela le gel du point d’indice qui se prolonge et une paupérisation des personnels qui s’installe.

Il s’agit d’un plan drastique de réduction d’effectifs concrétisant la casse en cours du service public de l’ESR, bien loin d’un simple « sentiment de paupérisation ». Ces Assises « de la lisibilité » devront donc, avant tout, être des « Assises du sous-financement » puisque c’est ce constat qu’il faudra regarder en face. Les solutions qui en ressortiront devront nécessairement inclure une hausse des financements à la hauteur du besoin des universités, de ses personnels et de ses étudiant·es.

Nos organisations portent la parole des agents de l’ESR, leurs réalités professionnelles, et nos revendications pour un financement public de l’ESR à la hauteur des missions de formation, de recherche et pour améliorer les conditions de travail des agent·es et d’étude des étudiant·es.

À l’occasion du CNESER budgétaire qui se tiendra le 10 mars, nos organisations appellent à :
• se rassembler nombreux et nombreuses à Paris dès midi devant le ministère, et en régions devant les rectorats ;
• à organiser dans l’ensemble des établissements des assemblées générales afin de discuter des conséquences de l’austérité qui frappe l’ESR et les établissements et de nos revendications.

Organisations signataires : FSU, CGT, SUD, CFDT, UNSA - FAGE, UNEF, Solidaires étudiant.e.s, FSE, Union étudiante