La SNCF affiche une politique de « tolérance zéro » face au harcèlement sexuel et aux agressions. Plusieurs femmes témoignent pourtant d’un renversement de la culpabilité à leur défaveur. Leurs récits mettent en lumière des défaillances à répétition.
En arrêt depuis le mois de mai, Céline* envisage de quitter la SNCF et de partir de la ville où elle exerçait jusqu’ici comme contrôleuse. Florence L., elle, enchaîne les arrêts maladie depuis deux ans. Marjorie a été hospitalisée. Lou-Anne Rommel n’a plus retrouvé de poste d’intérimaire à la SNCF depuis cet été, malgré ses demandes répétées.
Toutes ces femmes, âgées de 20 à 52 ans, ont un point commun : elles travaillent à la SNCF et ont dénoncé des violences sexistes et sexuelles de la part d’un collègue ou d’un supérieur hiérarchique. Toutes estiment que l’entreprise ne les a pas protégées. Que leurs harceleurs ou agresseurs n’ont pas été suffisamment sanctionnés, ou, parfois, ne l’ont pas été du tout. (...)
Harcèlement qualifié d’« humour d’un homme de 50 ans » (...)
Dans une décision du 7 juillet 2025 portant sur le cas de Florence, le Défenseur des droits reconnaît les manquements de l’employeur vis-à-vis de la sécurité et le manquement à l’obligation de sanction. En effet, le mis en cause est devenu référent harcèlement pour son syndicat, au sein du CSE. (...)
Le traitement insuffisant des affaires dénoncées en interne a de lourdes conséquences sur la carrière de ces femmes ainsi que sur leur état psychologique. (...)