En RDC, l’offensive de décembre dernier de l’AFC/M23, un groupe politico-militaire soutenu par le Rwanda, a forcé des dizaines de milliers de Congolais à fuir vers le Burundi voisin. La majorité des réfugiés d’Uvira a été regroupée à l’est du pays, sur le site de Busuma, où ils ne sont pas autorisés à sortir, pour des raisons de "sécurité", expliquent les autorités burundaises. Mais face à l’extrême précarité, certains n’hésitent pas à tenter de s’enfuir.
(...) "On est considérés comme des prisonniers. Vous ne pouvez pas sortir du camp. Beaucoup réclament un peu de va-et-vient, ça pourrait soulager. Nous ne pouvons pas vivre dans de telles conditions", témoigne-t-il en observant ses six enfants jouer devant leur tente de bric et de broc. Aujourd’hui, il est sans revenus et dépendant d’une aide insuffisante.
À Ruyigi, où est installé le camp de Busuma, l’administratrice Diane Niyibitanga justifie cette décision des autorités burundaises : "Cela ne veut pas dire que les réfugiés sont considérés comme des prisonniers. C’est plutôt pour leur protection, parce qu’on ne peut pas savoir ce qu’ils vont faire ou ce qui peut leur arriver s’ils sortent sans autorisation, argue-t-elle. Dans ce cas, c’est le Burundi qui sera comptable."
(...) "La vie ici est trop dure"
Pour Kititwa, rentrer en RDC est impossible : la guerre fait toujours rage dans les hauts plateaux d’où il vient. Mais dans le camp, beaucoup vivaient à Uvira et, depuis que l’AFC/M23 s’en est retiré, rester à Busuma dans la précarité peut sembler absurde. "La vie ici est trop dure, déplore Linda. Si on ne nous donne pas le minimum pour vivre, je préfère rentrer à Uvira, même si c’est risqué, et mourir là-bas plutôt que mourir de faim et de froid ici, et dormir à même le sol."
Seul un accord entre le Burundi et la RDC pourrait permettre un rapatriement. En attendant, et depuis que la frontière a rouvert entre les deux pays, le HCR plaide pour un assouplissement. (...)