La Commission européenne a confirmé lundi à l’AFP son intention d’inviter prochainement des responsables talibans à Bruxelles pour des discussions portant sur le renvoi de migrants vers l’Afghanistan. Plusieurs pays européens réclament depuis cet automne des "solutions diplomatiques et pratiques" pour avancer sur le sujet.
"Une décision qui pourrait coûter des vies"
Les Afghans étaient encore en 2025 la nationalité la plus représentée parmi les demandes d’asile dans l’Union européenne (UE). Mais une vingtaine de pays européens mettent désormais des freins à leur accueil et cherchent des solutions pour les expulser, et particulièrement ceux condamnés par la justice, vers l’Afghanistan.
Dans une missive envoyée en octobre à la Commission européenne, plusieurs États membres ont réclamé à Bruxelles "des solutions diplomatiques et pratiques" pour avancer sur ce dossier.
"C’est dans ce contexte" qu’une visite a eu lieu à Kaboul, en janvier 2026, explique un porte-parole de la Commission. Et que l’UE et la Suède préparent "un rendez-vous de suivi", à Bruxelles.
Ces efforts sont vivement critiqués par la gauche et les ONG. "Renvoyer des Afghans dans un pays où près de la moitié de la population ne parvient pas à se nourrir n’est pas une politique migratoire, c’est une décision qui pourrait coûter des vies", a alerté Lisa Owen de l’International Rescue Committee. (...)
D’autres associations de défense des droits craignent que ce déplacement à Bruxelles permette aux responsables talibans d’identifier certaines personnes qu’ils veulent renvoyer en Afghanistan, au risque de mettre leurs droits fondamentaux en péril.
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Par ailleurs, renvoyer ces personnes en Afghanistan est lourd de conséquences car le pays est confronté à une grave crise humanitaire. (...)