La perspective d’une visite du régime taliban à Bruxelles avait fait bondir certains députés européens. Le commissaire aux affaires intérieures et aux migrations a prévu de rencontrer une délégation dans quelques mois, pour parler des expulsions d’Afghans installés actuellement sur le sol européen, discuter du renvoi de ces immigrés alors que les Afghans représentaient encore l’an dernier la nationalité la plus représentée parmi les demandes d’asile dans l’Union européenne (UE). Cela gêne d’autant plus que les talibans ne sont reconnus, ni par l’Union européenne (UE), ni par les 27 États membres.
Cette visite, coordonnée par la Commission européenne et plusieurs États membres, fait suite à deux déplacements de responsables européens en Afghanistan, portant sur le même sujet. Portés par une volonté commune de durcir leurs politiques migratoires, une vingtaine de pays de l’Union européenne veulent savoir comment renvoyer des migrants, et particulièrement ceux condamnés par la justice, vers l’Afghanistan.
C’est l’eurodéputée belge Saskia Bricmont qui s’est saisie du sujet. « Entendre que 20 États membres demandent à la Commission européenne, et donc au commissaire Brunner, de coordonner une réunion avec les talibans et de négocier avec eux ce qu’on appelle un accord de réadmission – réadmettre dans leur pays les personnes qui ne se voient pas octroyer un titre de séjour en Europe – est profondément en violation avec le droit d’asile, le droit international et le respect des droits fondamentaux et l’Europe ne peut pas se rendre responsable de ça », précise-t-elle au micro de notre envoyée spéciale à Strasbourg, Lila Olkinuora. (...)
Cette visite pose une avalanche de questions pratiques et éthiques (...)
Selon Amnesty international, le régime des talibans intensifie ses attaques contre les droits des femmes, détient les détracteurs du régime, torture et exécute les opposants. (...)