Plusieurs centaines de personnes ont bravé l’interdiction de manifester pour le climat le 29 novembre à Paris. Rapidement, des affrontements éclatent entre forces de l’ordre et quelques jeunes « en mode black block ». « De nombreux manifestants, clowns, jeunes, vieux, hommes, femmes, leur crient d’arrêter en allant jusqu’à s’interposer entre eux et les flics, mais ils se font gazer au spray à poivre, matraquer et embarquer », témoigne Sarah*, qui avait choisi de manifester pacifiquement. Elle fait partie des 317 personnes placées en garde à vue ce jour là. Récit.
(...) Un cercle de manifestants est formé pour protéger la statue de la République et les objets déposés pour les morts du 13 novembre pour éviter qu’ils ne soient utilisés comme projectiles. Le cercle se défait sous l’avancée des gardes mobiles. Les lignes de CRS et gardes mobiles commencent à se resserrer et à enfermer les manifestants sur le terre-plein central. Les CRS avancent se frayant un chemin à coup de matraque, broient les bougies, photos, fleurs disposés pour les morts du 13 novembre. Les manifestants leur crient : « Mais vous ne respectez rien, même pas les morts ?! ». Rapidement, les personnes masquées brûlent leurs vêtements et disparaissent. Ce ne sont pas eux qui seront arrêtés.
De nombreux manifestants lèvent les bras ou s’assoient en signe de non-violence, d’autres sèment des fleurs aux pieds des CRS, les clowns tombent par-terre les uns sur les autres en mimant des exécutions, d’autres dansent devant les robocops en surnombre. L’ambiance est très joviale entre les manifestants qui savent déjà qu’il leur sera difficile de sortir de là malgré les négociations avec les gendarmes et CRS. Personne ne sort. On est enfermés et livrés à la violence arbitraire des CRS qui ont l’air aussi déchaînés que terrifiés… par nous ! (...)