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Le Monde
« Voter ne suffit plus. » A Paris, Extinction Rebellion se lance dans une action massive de désobéissance civile
Article mis en ligne le 17 avril 2022

Un millier de manifestants bloquent depuis samedi la porte Saint-Denis pour dénoncer l’inaction climatique des dirigeants et proposer un futur « vivable et juste pour tous ».

Des airs de piano au son de l’accordéon. L’heure paraît à la fête au centre de Paris, samedi 16 avril. A un détail près : l’instrument en bois est installé au milieu d’une route libérée des voitures et des activistes sont accrochés à ses poignées à l’aide d’antivols fixés à leur cou.

Dans l’entre-deux-tours de la présidentielle, plus d’un millier de manifestants du mouvement Extinction Rebellion, venus de la France entière, ont investi les alentours de la porte Saint-Denis afin de dénoncer l’« inaction climatique dangereuse » des dirigeants et de proposer un futur « vivable et juste pour tous ».

Lors de cette opération de désobéissance civile baptisée « l’inévitable rébellion », ils ont lancé une « grande agora » pour remettre le climat au centre des débats. Ils espèrent tenir leur blocage pendant trois jours, en campant sur place. (...)

Aux extrémités des rues, des « rebelles », comme ils se surnomment, sont pour certains juchés sur des bottes de foin, pour d’autres attachés ensemble par des « arm-locks » qui maintiennent leur bras, ou encore assis, méditant, face aux forces de l’ordre massées autour de l’action. Deux activistes évoluent en hauteur dans une structure de « tenségrité », faite de bambous et de câbles, qui semble défier la gravité mais aussi les policiers. Le blocage suscite la curiosité des badauds mais aussi l’agacement voire la colère de certains commerçants, qui craignent du désordre.
« Des gouvernements sous le poids des lobbys »

Les activistes, majoritairement jeunes, dénoncent une « démocratie malade » et des dirigeants coupables d’« incurie » face au péril climatique. (...)

Dans le viseur des militants : le système capitaliste « destructeur par essence », les 10 % les plus riches qui concentrent 75 % des richesses et émettent 52 % des émissions de gaz à effet de serre dans le monde, ou encore le projet d’oléoduc géant Eacop, de TotalEnergies, entre l’Ouganda et la Tanzanie.