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les grenades
Violences sexuelles en politique : l’omerta et l’impunité, c’est fini !
Article mis en ligne le 11 mai 2021
dernière modification le 10 mai 2021

La porte est désormais ouverte et nous ne la laisserons pas se refermer : les violences sexuelles, omniprésentes au cœur du politique mais invisibilisées pendant tant d’années, malgré les promesses de l’État de droit, de la démocratie et de la justice, s’étalent au grand jour.

De la mairie de Paris à l’Élysée, du Sénat à l’Assemblée Nationale, maires, députés, responsables de partis, représentants des citoyen.nes jusqu’au plus haut sommet de l’État, à tous les étages de la République française : la culture du viol s’est établie comme une norme tolérable, compatible avec nos lois et institutions.

Une honte française.

DSK n’était pas un cas isolé ; il n’était ni un monstre, ni une exception. Avant et après lui, les violences sexistes et sexuelles et le crime de viol ont gangréné les lieux de pouvoir - lieux où, fait notable, une majorité d’hommes et très peu de femmes ont la responsabilité de décider des lois qui font une nation.
D’incarner l’exemplarité.

De valoriser le meilleur d’une démocratie.

Aujourd’hui ce système de violences séculaires doit cesser. Pas un jour ne se passe, en France, sans que le politique, de ses symboles à ses institutions, ne soit terni et déligitimé par l’impunité accordée aux agresseurs issus de sa classe, de ses rangs. (...)

. On ne peut exiger des citoyen.nes une exemplarité dont élu.es et responsables politiques seraient exempté.es.

Gérald Darmanin a reconnu avoir monnayé des faveurs sexuelles en échange d’une aide matérielle et exercé une emprise pour abuser d’autrui. Il était déjà ministre des comptes publics lorsque l’accusation est sortie ; non seulement il l’est resté mais cela ne l’a pas empêché d’être promu au ministère de l’Intérieur. Lui confier cette responsabilité, c’est déclarer la guerre à toutes les femmes et minorités de genre, et c’est aussi la manifestation présidentielle du mépris des victimes. Et ce mépris aussi doit cesser. Outre-Manche ou outre-Rhin, jamais un Darmanin ne serait resté ministre de l’Intérieur. Il aurait démissionné aussitôt, ou aurait été démis.

Le constat d’un patriarcat étatisé est flagrant. Que dire quand, en plein Conseil municipal de la “Ville Lumière”, la majorité célèbre l’un des siens, Christophe Girard, qui a pourtant fait bénéficier un écrivain pédocriminel notoire de l’argent de la collectivité et a lui-même été accusé de viols sur mineur ? Qui peut encore se taire quand un autre élu, Maxime Cochard, qui continue de siéger au Conseil du XIVe arrondissement de Paris, est accusé de viols répétés et que sa victime se donne la mort après que la déflagration de sa parole sincère a provoqué en retour des menaces, des plaintes et une vague orchestrée de discrédit ?

Comment ne pas voir que le ver est dans le fruit quand Sciences-Po, l’école devenue synonyme de la classe politique elle-même, est, de sa direction à ses étudiant.es, rongée par les violences sexuelles ? (...)

Et ce n’est pas s’ériger en ligue de vertu que d’exiger des élu.es une attitude irréprochable, non violente et respectueuse de la dignité humaine dans l’exercice de leurs fonctions.

Nous exigeons qu’aucun traitement de faveur, aucune complaisance ne volent plus au secours de politiques qui ont failli dans l’exercice de leur fonction.
Les élu.es doivent comprendre qu’iels doivent leur mandat aux citoyen.nes, et qu’il ne peut y avoir de démocratie sans un effort constant de leur part pour mériter notre respect, et sans qu’iels nous rendent des comptes.
À cet égard, les institutions doivent être transformées, et le droit de regard des citoyen.nes envers leurs élu.es doit être renforcé. (...)

L’entre-soi des politiques les protège et leur permet d’exercer librement leur domination, leur emprise en faisant prospérer le climat de culture du viol et de violence patriarcale.
Tout parti, toute structure, tout système ayant reçu des alertes sans y répondre, en réduisant au silence les victimes, étouffant et masquant des violences devra être jugé complice et pénalement condamné.

Aujourd’hui, grâce à la lutte conjointe de militant.es, de victimes, d’élu.es engagé.es, la porte est ouverte, on y entrevoit la promesse, du moins l’esquisse d’une libération. Les violences sexuelles doivent être bannies de nos institutions politiques par notre génération.
Cette révolution urgente de nos esprits sera salutaire pour la démocratie et pour toute la société.

Tel est notre combat, notre espoir, notre avenir féministe : le respect des êtres comme de notre environnement.

Un désir partagé, irrévocable, irréversible, d’éthique en politique.