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Mediapart
Violences conjugales : ce qu’en disent les hommes violents
#Violences #Femmes
Article mis en ligne le 11 janvier 2023
dernière modification le 10 janvier 2023

Dans un essai à paraître, la journaliste indépendante Laurène Daycard rapporte son immersion au cœur d’un dispositif pionnier de « responsabilisation pour auteurs de violences conjugales ». Un centre situé dans le Pas-de-Calais qui lutte pour éviter la récidive.

La France est en retard, très en retard. La prise en charge des auteurs de violences conjugales continue de faire débat dans notre pays, alors qu’elle existe depuis des décennies au Québec ou en Belgique. L’objectif : lutter contre la récidive en « responsabilisant » les hommes qui se sont montrés violents. 

La journaliste indépendante Laurène Daycard publie vendredi 13 janvier un essai, mêlant à la fois enquête et récit personnel, consacré aux féminicides et intitulé Nos Absentes. À l’origine des féminicides (Seuil, 250 pages, 19 euros). (...)

La journaliste indépendante Laurène Daycard publie vendredi 13 janvier un essai, mêlant à la fois enquête et récit personnel, consacré aux féminicides et intitulé Nos Absentes. À l’origine des féminicides (Seuil, 250 pages, 19 euros). Elle revient sur l’histoire de Géraldine, Magali, Seloua, Razia, Sylvia et Laetitia, mortes ou survivantes de violences commises par un proche, souvent un conjoint ou un ex. (...)

Dans son livre parfois bouleversant dans lequel la journaliste fait l’aller-retour entre la réalité des violences à laquelle son travail l’expose, et la réalité des violences à laquelle sa vie d’ado, d’enfant, de jeune femme l’a exposée, Laurène Daycard retranscrit une immersion de plusieurs semaines au cœur d’un dispositif pionnier de « responsabilisation pour auteurs de violences conjugales ». Un centre situé à proximité d’Arras, dans le Pas-de-Calais, et qui lutte pour éviter la récidive. 

Mediapart publie un extrait de Nos Absentes. À l’origine des féminicides (Seuil, à paraître le 13 janvier), consacré à ce reportage dans le « Centre Clotaire ». (...)

"our les féminicides non intimes, la peine est alourdie, depuis la loi du 27 janvier 2017, lorsque l’infraction a été commise en raison de l’identité de genre, vraie ou supposée, de la victime.

Malgré cet arsenal législatif, les hommes continuent de violenter les femmes, jusqu’à saturer les tribunaux. Le risque judiciaire ne les arrête pas. Les rares à se faire prendre dans les mailles du filet se retranchent derrière une forme de victimisation, persuadés que leur partenaire méritait une correction ou d’avoir été poussé à bout, comme Samuel l’a affirmé sans vergogne dès la journée d’accueil. 

Toutes ces lois protectrices ou punitives échouent en ce qu’elles ne contribuent pas à faire baisser significativement le risque pour une femme de subir des violences. [...] Les chiffres sont catastrophiques : quatre hommes sur dix seront à nouveau condamnés, sans compter tous ceux qui récidivent sans que cela entraîne un dépôt de plainte, parfois parce que madame ne veut pas prendre le risque de les envoyer en prison. Les effets pervers du système carcéral devraient tous et toutes nous forcer à imaginer des formes complémentaires de justice réparatrice. " (...)